Journal Asiatique, 1887, vin* série, t. ix, p
6. L'exemple y cité par ChampoUion (L l.\ de %«Ln«Lceii correspondant à
Chabas, ^Ll, où la désinence en semble supprimée par l'arabe, n'est
pas concluant. %«t.n«>.cen est un pluriel copte de «eAe^c traduit par les
BiBL. éOYPT., T. III. 6
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Les divers renseignements que Quatremère a réunis dans l'article Bouschêm, d'après les manuscrits coptes du Vatican, les lexiques coptes-arabes, la description de l'Egypte de Macrizi, et l'histoire des monastères d'Abu-Celah, viennent étayer l'objection philologique que je fais valoir :
1*^ Les variantes du nom de Buèin sont :
Schénij Ouschém, Bouschêm, Ousim, Wasim, ^j. — Vansleb et Renaudot prononcent Wissinet Wisin. — Il résulte de ces variantes que la finale se maintient exactement^ et que le 6 initial s'adoucit en w, u, ou même disparait ;
2^ Les dénombrements de l'Egypte rattachent la ville à la province de Gi2eh\ Or Buè est située dans l'ancienne province de Behnesa ou d'Ashmunein;
3*> Abu-Celah place tout auprès le monastère de Nehia, auquel le k'alifs 'Amer-b-ahkem-IUahi constitua un waqf de 30 feddans à Daharmes (province de Gizeh), que les moines cultivaient eux-mêmes ; ce monastère était situé sur les bords du Nil, et d'après les détails du récit d' Abu-Celah, en face
de Fostat. Enfin, Buèin était non loin de noiumonpoc, ^^^1 y), Abu-n-nomros. Toutes ces localités existent encore aujourd'hui sur la rive gauche du Nil, à proximité du Caire, comme on peut le voir sur les cartes*, et notamment sur les feuilles
Arabes JL'L'LlII, les Chabas, et sert à désigner un ensemble de Yillages du district de Dessuq (G'arbieh) portant toas le nom de Chhehs^
^^Ll : Chabas o'mêr (Chabas ambareh), Ckabas e^-çokade (Chabas
songor), Chabas-el-fnelh% non loin desquels se dresse le monticule de Chabas.
1. Zoéga nous apprend (p. 286, 643, n* 5) que cette ville relevait de Benha et était située à la limite du désert. Le P. Vansleb déclare en outre, dans sa nomenclature des évôchés, que Bouschime est en deçÀ du Caire, non au Sud.
2. On y lit ^j^j^^, Bahermes, au lieu de ,^y^^i Da-hermes. La variante de Quatremère provient soit d'une erreur de lecture facilement
; NUMMULI, § IV 83
f de la carte topographique de la Commission d'Egypte, 21,
24, 25. A Buèim ou Buèin, correspond le chef-lieu d'arrondissement Ausim, ^j\, à Phanùoit correspond Es-Zeidiah
\ ou Zaidieh, iyj^j, faubourg d' Ausim, qui manque sur la carte
de la Commission d'Egypte. Zeidiah est une forme adjective
traduisant Pha-ni-zàit « le lieu des Zoit », jojl i>.t , j^I jJ» \ et elle a été amenée par l'assonance avec le nom propre
-Uj très répandu en Egypte, ainsi que ses dérivés A6a-Zerrf, Zeidan. Quant au changement du t en d, on sait que les Coptes de la Haute-Egypte* prononcent uniformément le T, d.
Ausim se décompose, comme le f ontpressentir les variantes ci-dessus, en deux parties, Ba ( Wft) Schêm. La première
est la désignation topique ji ^ « localité », qui peut être
supprimée dans renonciation du nom de lieu (cf. Bubaste, et
c*-} J?, TellBasta, comparable à Schêm et Ba-Schêm), et dans la prononciation être représentée par l'articulation w ( 11 1), 6 ou ^ (cf. Pha-Cusa et Pha-nùoit). Il y a déjà longtemps que M. Brugsch (G^ogrr., 1. 1, p. 243, et Dict, géogr,,
expUcable, soit plutôt de Temploi primitivement arbitraire de l'article masculin on féminin n,À,T (prononcé communément d par les Arabes), ou de la désignation topographique Bu, 7b, etc. On trouve d'ailleurs {Comm, d' Egypte j L /., feuille 24), plus au Sud, aux environs de Gùeh,
^r^j^ jîS^j Kafr Tahermes.
1. Cf. pour le changement de lu en Jl le nom de lieu niR«i^«>.p d'origine grecque qui est devenu par un jeu de mots très goûté des Arabes, jJiSCjl, el'Kefour (( les villages ». La signification du groupe initial ^«i de PhanizoiX est éclairée plus loin.
2. Communication faite À la Société de linguistique en 1887. Pour les
noms de lieu, comparer, par exemple, ^ju^ Samannûd, et %eu.noTTe,
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sub voce) a rapproché le nom arabe ^j\ de celui de Tancien chef-lieu du nome Léiopolite, qui s'appelait ® , Sok'é-
AA/ySAA 1 AVt^/NA
mi\ variante ^ , Soàémi, « le sanctuaire », en grec
<|/w/6{jifiiç ^ . La deuxième partie de Ba^Schêm est précisément dérivée de Sok'émi, Soèémi; la présence de Taccent sur la
voyelle é, i, de Sok'ém-i, a amené Taddition d'un I prosthé-
tique dans la variante Awsim comme dans E-Sna, A-Sifxt^
E-BtQ, ^\ (pour Betu, boûtoc), E-Bèân J\J^\ (pour Beèdrij
n VJ|, Pe-Mn-A'mun, Diospolis-Parva), Abu-
Sir (pour Busiri), jj' (pour 3j, ris), ©j^l (pour oj^, dourah), etc.
J'en finirai avec ces observations philologiques, en ajoutant que les Arabes modernes, après une période d'hésitation entre Vs et le s résultant de la combinaison de deux articulations s et è (variante dialectale x) de sèém, se sont décidés pour la prononciation Awsim.
Ainsi donc, la Busin du Martyre de saint Jean n'est autre que l'antique Léiopolis, ville déjà importante sous la IV® dynastie, qui renfermait un des plus vieux sanctuaires de l'Egypte, et conservait le cou d'Osiris. Cette identification nous permet d'emprunter aux écrivains coptes un renseignement nouveau sur le culte antique qui y était célébré : d'après l'auteur du Martyre de saint Macaire*, Horus (Apollon), le dieu éponyme, y avait au nord de la ville un temple splendide que Soterichus, gouverneur sous Constantin, rasa avec beaucoup d'autres édifices religieux, entre autres un sanctuaire consacré à Amon (Jupiter), sur la place même de la ville.
1. L'accent primitif n'est pas sur (i> ; celai qui est Indiqué sur cette voyeUe n'est qu'un accent théorique. La présence du fx redoublé dans le grec, correspond en égyptien, comme j'ai eu l'occasion de le remarquer ailleurs, à une élévation de la voix sur la voyelle qui précède la consonne redoublée, ici e ; ainsi "Afxfxojv transcrit l'égyptien A mon,