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PRONOMS ISOLÉS

Les pronoms personnels, quand ils sont sujets, prennent dans la pensée une importance qui se traduit dans l'expression par un élargissement du mot : d'autres racines viennent se joindre aux pronoms suffixes pour leur servir de support, et, par leur combinaison, donnent avec le temps naissance à des types de plus en plus élargis.

Berbère.

SINGULIER

lï«p.

Kabyle.

c. nek, nekki, nekk-i-ni, j m. ketch, ketchi, ketch-i-ni, ) f . Are/n, kemi, kem-i-ni,

m. neisay f. netsaih.

lf«P.

m. nuk-n-i, f. nuk-n-t-ï, m. ku-n-ui\ f. ku-n-m-th-i , m. ni-th-n-i, f. ni-th-n-t-i,

Touareg.

nek, nekk'Uy nekk-u-nariy nekku-der kay, kay-Uy kay-u-narty kay-u-der kem, kem-u, kem-u-nany kem-u-der enta, entader entât

PLURIEL

nekk-eri'idh n ekk-en-et-i-dh ka-'u-en-i-dh ka-m-et-i' dh en-te-n-i- dh en-te-n-et-i-dh

Les préfixes de renforcement sont les mêmes dans les deux dialectes : V n: i^etsa, ENto, ENtenidh (voir supra, les pronoms affixes qui marquent le régime indirect), etc. ; 2^ k:

1. La deuxième personne du pluriel des deux genres renferme deux fois la racine pronominale. Comme le pronom suffixe kemet (touareg), elle n'a pas Vn du pluriel.

DE l'Égyptien et du berbère 139

kem, ketch \ kay, etc.; 3^ n + k, la combinaison de ces deux racines : nek-(«).

Ainsi, trois types se sont formés ; l'usage n'a pas conservé leurs paradigmes complets et leur a pris indistinctement ses formes.

L'égyptien a emprunté ses pronoms isolés aux paradigmes

des pronoms suffixes : 1® fl VW anuk « moi » : 2** ^non

« nous », W ^^^'^^ Asten, « vous » ; 3** ^ © Estuk « toi » :

4° h ^v ^^'^ AMten, « vous » ; 5^ ^v Eutuk « toi » ;

6^ ^ ^ MEsiek (( toi ».

Trois racines concourent donc au renforcement du pronom personnel égyptien : 1^ k;2^ n et sa forme emphatique nlu ; 3** m et sa forme emphatique mtu, soit une de plus qu'en berbère.

La première personne du singulier est identique dans les deux familles, et du paradigme n-^ k initial. C'est le seul exemple de cette forme en égyptien. La particule /c s'intercale souvent entre le verbe et l'affixe de la première personne

g Tk ^ rei-ku-a; elle est d'un emploi fréquent dans la grammaire berbère.

Les deux groupes de langues ont donc eu en commun :

1** Des pronoms sujets formés en préfixant des racines nouvelles à ses pronoms personnels ; 2^ Les racines net k* ; 3" Un groupe identique de ces deux racines n k.

Mais, tandis que l'égyptien développait exclusivement ce procédé et n'ajoutait à ses pronoms aucun suffixe, le berbère

1. Le A: de la seconde personne du masculin devient en zouaoua tch, chez les Béni-Mzab cA, en touareg y ; au pluriel 'u dans presque tous les dialectes.

2. Nous retrouverons dans les verbes dérivés berbères le préfixe cm combiné avec en.

reportait toute son activité sur les suflSxes et renforçait ses anciens types diversement, suivant les dialectes.

En résumé, la race berbère et la race égyptienne ont eu les mêmes racines pronominales, et ont employé^pour former le pluriel et les pronoms absolus, des procédés identiques. L'action du temps et le génie de chaque langue n'ont apporté que des modifications superficielles, qui laissentaisément retrouver les mêmes éléments des pronoms.

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