‹ Œuvres diversesChapitre 72 sur 169 · PRONOMS DÉMONSTRATIFS · texte numérisé non relu

PRONOMS DÉMONSTRATIFS

Les pronoms démonstratifs berbères ont été formés par quatre racines différentes :

1® A, qu'on retrouve dans les pronoms a (masculin), agi, uagi, ua, etc.;

2** / qui lui correspond pour le pluriel, ui, iiigi, thigi, etc. Cf. au singulier, ua, uagi, thagi, etc. On le retrouve avec un autre rôle dans ui, lequel ? enni, qui ?

Ces deux racines préfixées au substantif jouaient le rôle d'articles. Tout en subsistant au commencement des mots, ils ont actuellement perdu leur force déterminative : les noms masculins singuliers commencent par a, sauf le cas d'une voyelle initiale u, i, essentielle, laquelle absorbe le déterminât if a; de même, tous les pluriels masculins commencent par /, sauf les mêmes exceptions. Les Béni-Mzab négligent souvent cette règle ;

3® U ; il se place devant les substantifs sujets ou régimes indirects ; il sert aussi en kabyle, de même que n, pour indiquer le génitif, et devant un u il prend, conformément à la phonétique de ce dialecte, la valeur d'un b: Oud'em b ourgas (de argajs, homme, génit. ourga^). Son peu de solidité dans la phrase l'amène au son i devant un nom commençant par un i, d'où il devient g, suivant les règles phonétiques ouglan g imi et ouglan ii imi « les dents de la bouche ». Le pronom

DE l'Égyptien et du berbère 141

u n'a pas ces emplois en touareg; il joue dans ce cas en kabyle le même rôle que le pronom complexe ua-riy than. dans la phrase tamettuih iha-n tir' si « la femme a la chèvre ». — Il forme encore la série des pronoms démonstratifs suivants : avec a, ua, ua-gi, ua-hi, anua (lequel?), aua (touareg); uarer, uader'; avec i, w/(qui?) ui-gi, ui-hi, uin, uid'en, auin ; le relatif i-u-mi, auquel ;

4® Th, t, se combine avec a, r, de la même manière que u pour former les démonstratifs féminins tha, thin, thid'en, etc. Placé à la fin des mots, il sert à marquer le féminin ; toutefois, disparu de la prononciation dans un grand nombre de cas, il a été répété par redondance au commencement des mots, et joue ainsi le rôle d'article; mais, comme l'a et IV initiaux, il a perdu sa valeur déterminative. Par abus, et postérieurement, les Berbères Tout placé au commencement d'un grand nombre de mots terminés en ut, it, etc., dont ils ont ainsi fait des féminins. Il a servi à former le pronom de la 3® personne t, enT-a,T-en,T'en-t, et est devenu commun aux deux genres.

Telle est la nomenclature des pronoms démonstratifs berbères.

En égyptien, le radical démonstratif qui désigne le masculin est une labiale D ='^. ^- Cette radicale s'adjoint ensuite

à un a, pour former un pronom démonstratif d!^^ ^^ />-«,

au pluriel D/^^^^ v i^^P'^^'^^^^) P^'^- Le pronom ainsi formé perd bientôt sa valeur et est réduit au rôle d'article. Une autre forme élargie du pronom démonstratif, et qui passe par les mêmes phases que la précédente, s'obtient en adjoignant i à la labiale : , D (lû, ^^^^; ^^ ( 0- L'emploi de ces

articles est de plus en plus usité à mesure que la langue se développe ; en copte, il subsiste sous les formes n, ne, m.

Enfin, le thème D/^^^v s'élargit par l'adjonction dei ;

on eut la forme U^kK ^(JU. /^ ^ > en copte n«.i.

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