‹ Œuvres diversesChapitre 74 sur 169 · AMMA · texte numérisé non relu

AMMA

2" L'identité des deux séries en berbère et en égyptien nous révèle l'existence en égyptien d'une racine démonstrative qui ne s'y trouve pas à l'état libre : t. Le parallélisme constant de i et n vient en outre à l'appui de cette hvpothèse. En

composition j de même qu'on a , , on a , . / sert à

AAAAAA AAAAAA \\ \\

D^ljlj jO-a-i, p-U'i; n, également u-i, th-i; u-t-n, th-i-n. N

f=th

en égyptien finit par former exclusivement les pronoms démonstratifs pluriels, mais,comme suffixe du pluriel, il devient inusité dès la plus haute antiquité et est remplacé dans ce rôle par i. En berbère, au contraire, le démonstratif pluriel est i; le suffixe du pluriel le plus usité est n * ;

3** On est également, pour des motifs analogues, conduit à admettre en égyptien Texistence d un pronom démonstratif a. Comme suffixe, son emploi est fréquent, ainsi qu'on le verra ; mais isolé, il se présente dans des circonstances moins

précises. On trouve un mot (] QA ûj, employé comme pronom

relatif, dans des phrases telles que

p semaî a :sod-set n paï-set haï.

Le rapport qu*elle fit à son mari.

et dans des phrases :

A ar-ew sod ew.

Ce qu*il fait, il dit; c'est-à-dire : « il dit ».

K ^ /VWS^W A ^ /WWW

A-na h'erzod n-ew.

Ainsi lui parlai - je,

OÙ il se conduit comme l'auxiliaire û ^ *• En résumé, les

1. Le rôle grammatical de i suffixe ne se restreint pas au pluriel ; dès TAncien-Empire l'adjonction de ce suffixe correspond à de nombreuses nuances de la pensée.

2. L'emploi de (1 QA et de (1 ^ n'est pas entièrement indifférent : il

n'est donc pas nécessaire de considérer (I gA comme une forme usée de

(I ^ . Celui-ci devient, il est vrai, *., e, ou disparaît en composé ; mais

à cette prononciation affaiblie correspond le plus souvent une orthographe

analogue, en opposition avec la tendance qui a formé le groupe (I gA.

L'identité primitive, et plus tard l'échange, des pronoms démonstratifs et des auxiliaires sont d'ailleurs évidents.

DE l'Égyptien et du berbère 145

deux langues ont leurs racines démonstratives communes ; elles forment leurs pronoms par les mêmes procédés qu'elles ont développés après leur séparation. Leur syntaxe est la même ; tandis que le berbère formait des articles attributifs, tels que ua n, ta n, l'égyptien employait aussi, dans le même

cas, des groupes comme ^K '^''^^ • Comparez les mots composés: }^ \f^^ Pa-n-Besa, celui du dieu Besa; I-ntament (nom propre), celui du miel.

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