LISTES DES RACINES DÉMONSTRATIVES
égyptien : [n, ^, q, t], t, -^, a*, I*, n.
berbère: b, u, t,th^a, i, n.
Je ne quitterai pas les pronoms sans mentionner la remarque de M. Maspero : à la série des racines que nous venons d'étudier correspond la série parallèle des verbes substantifs
auxiliaires qui n'en diffèrent que par l'adjonction de \\. auxiliaires: (l^'^D^^-^^O
RAC. DÉMONSTR. : (| QA, D, ^, f^^^^
Le berbère nous offre en composé une série semblable dont le rôle fut identique à celui de ces auxiliaires : a, u, tu, tsu, thy t, n,
1. Je rapproche da radical démonstratif a l'auxiliaire (I ^$\, que M. Maspero a comparé au pronom de la première personne.
BiBL. ÉGYPT., T. III. 10
§ II. - Du Verbe.
La conjugaison a pour base en berbère et en égyptien la seconde personne du masculin singulier de l'impératif. Celleci représente, en même temps, la forme fondamentale d'où dérivent, par un petit nombre de règles fixes, les autres
parties du discours ^ . Exemple : [1 )ic J se6 « instruis » 0 * J
vft seb-n-a a j'ai instruit » ; ][ || '\ o seglefa aboyer », jf || *|' o
aseglef « aboiement ». Tantôt c'est un radical irréductible exprimant l'idée de la manière la plus générale ; tantôt différents thèmes formés de ce radical et correspondant ou non à
des modifications de l'idée principale. Exemple : A^^ ^s. f
qem et /^>^ ^i. qem-u « trouver » ; || fl dul « croître».
Il A o s-dûTa élever ». Ces thèmes sont nombreux, depuis ceux qui se forment par l'adjonction d'une simple voyelle finale jusqu'à ceux autour desquels viennent s'accumuler les suffixes. Il est nécessaire, avant d'entrer dans la conjugaison proprement dite, d'étudier les causes et les procédés qui ont donné naissance à ces élargissements du radical.
L'ensemble des faits peut se résumer ainsi : l'insistance de la pensée sur une idée se manifeste dans l'expression par l'accroissement matériel du radical qui lui correspond. — Cet accroissement se produit, soit par redoublement du groupe d'articulations qui forme le radical, soit par l'adjonction d'autres racines pronominales ou attributives.
La réduplication des radicaux bilitères égyptiens et berbères est un phénomène connu. C'est une source de la for-
1. La distinction des parties du discours dans l'une et l'autre langue n*est pas précise. Un mot peut être successivement substantif, verbe, préposition, etc. Toutefois, des formes spéciales ont eu une tendance à prévaloir dans ces divers rôles. Les noms surtout nous font remonter à un grand nombre de thèmes du radical dont l'emploi s'est restreint à eux.