THÈMES VERBAUX
Le radical démonstratif se place généralement après le mot: argas-a « cet homme-ci ». De même, en égyptien:
« cette femme-ci », se dira J) him-t ten. Placé avant
le mot, il suppose une insistance moins grande : a-^rgas (( l'homme », xcg^iime (( la femme ».
En égyptien :
1° Le radical a paraît avoir tout d'abord servi à produire des formes élargies. Les noms propres de T Ancien-Empire sont en grande partie terminés en a: teta, mena, assa^ beba, sepa, etc., dérivés des radicaux tet, men, as, sep, etc. L'influence de l'accent tonique dans les thèmes formés de cette manière, a déplacé Va pronominal et Ta fait pénétrer
dans l'intérieur du mot. i ter a donné (j { ier-a, puis
tar; sexadonné ? se/a, puis 1k ®sax; 1 seb,
B (j 5e6-a, P^îsfl'^^ J sab, etc. La liste des radicaux
soumis à ces évolutions vocaliques est très nombreuse.
Les affixes u et r, qui sont venus élargir le thème en a, soit pour renouveler sa valeur perdue par l'usage, soit pour y ajouter une autre nuance grammaticale, comme seya-ï, serfSL-u, seva-ï, sera-u, etc., dese/a,seva, èera, etc., prouvent encore l'antériorité de l'emploi delà formative finale a,
A peut aussi se placer au commencement des radicaux en même temps qu'à la fin : Cf. teta et ateta. La classe des thèmes formés par cet augment est très considérable. C'est un des procédés les plus fréquents pour rendre trilitère un radical bilitère (V.Brugsch, Dict. hiérogL, Introd.). Ainsi :
n J seb fait (10 8 ctseb ; ter donne les formes (| -f
a-ter, (| ^f » ^ ^ a-teru.
L'augment initial, pour des raisons inhérentes à la manière d'attaquer le mot, et que la comparaison du phonétisme arabe fait bien comprendre, ne pénètre pas dans l'intérieur du radical. A se maintint donc à sa place primitive ; mais non accentué, il s'aflEaiblit de plus en plus. En démo tique,
la plupart des formes de ce type remplacent l'a n par un a
plus bref ^^. Quand il subsiste en copte, il répond à un o, et plus rarement à un a. ^. ffi ^. ç. agap « renverser »,
DE l'Égyptien et du berbère 153
cp., o«n. n vulva, démotique àti, cp. o^y ooxe. (j Jj
ab (( avoir soif », démotique àbi, cp. , oàe, «.Ae, oSn, «.ài
« siU'ens ». ûl^ J^, démotique ^q^r, cp., *.Re, ori, « jun-
eus ». Le plus souvent Taugment initial a disparait; le thème qu'il formait est remplacé en copte par la forme primitive ou par un thème élargi par les préfixes u et surtout i :
"^ Oa (| J % C3 Cl^CLh'u, cp., fflOT^e; (j^^^^^l ^^==^
anh'u « palpeorœ », cp., «og^; ( "^s^ahem, démotique
ohum, cp. 2^(ojuu. A côté du thème (1 le démotique a conservé la forme ta[r), et le copte Tcpe dans la locution n repc « à temps ». (| ^fe^^^ J^^t U ^fe^ J^ ^^ ^^ linum », cp. i^y, "^^^'T; Û;XÏ^ aâ « laver », cp. ei<»>, ««., lO), i«.; ^^8 aA'et 8 ah't « champ », cp. lo^i, icog^e, eio^e, etc. tS^D "T" >
tinare ». ^^ffi^^r « ûgrop « evertere », cp. oToxs'n, oT«n.
Le thème en a initial subsiste encore parfois en copte à
côté des deux autres : à côté de oir<*)^^, on a o^n; l^^r -
at « separare » a donné er et ot€t. On trouve : Acge, el^ige et (olieig « oblivio », démotique àben: éJ^e, ol^e et eiàe, lÈi; à côté
de *.Rec (1^ r /i)^ ^^ ^ **'*^' ^^^^ augment initial.
2® Parmi les autres aflRxes, le c^ ^ paraît avoir été, comme a, fréquemment employé, dès les époques les plus anciennes. Ainsi, en regard des radicaux nem, sem, sew, etc., on a les radicaux secondaires netem, setem, èetew, etc. Il a formé
avec a le suffixe ^(l. L'histoire du ^ < est une des mieux connues et des plus variées en égyptien. Presque tous les mots ont été retrouvés avec la forme élargie en ^ : ^s^ se « fils » et ^."^se-t'U; ^ et ^ ^ h'er-t-u {Pap. de Berlin, n** 2), etc. Comme dans toutes les langues, il a une tendance à tomber, quand il est à la fin des mots ; et ce phé-
nomène s'est produit de bonne heure ; mais sa chute maintient souvent l'accent tonique sur la syllabe à laquelle il appartenait, et la voyelle se conserve. Exemple : «Tcpe « à
temps », QQ^ f ^^^-f"' (Louvre, c. 55).
3^ Le radical u a formé de nombreux thèmes en se plaçant
à la fin du radical : j ^^QA uahem et j ^^. ^ qa waA'em-i*;
o D h'^tep et Ketep-u. Il renforce les thèmes en a
éewa, ^ewa-u. Il semble précéder Temploi de (Iq f, comme
le prouve le type fréquent de la forme fsflll h! à-ut « sépulcre » (Pap. Abbott). Il s'est ajouté aux pronoms personnels pour les renforcer ; le pronom 1 )^ de cette période
a subsisté aux groupes composés, comme (1^, D^, ^^ etc.;
peut-être le nom de Xnum-xu-wu nous offre-t-iiun exemple de l'ancienne combinaison de w et de u. Enfin le suffixe u, dès la XII® dynastie, indiquait le régime
direct * : gQ><^^^ w^ mer-ew-u-a « il m'aima » ; in-
dique le passif, u3z>- ar « faire », « être fait », etc., etc.
Son rôle grammatical est considérable.
Comme a, il a pénétré dans l'intérieur du mot et a donné
lieu à des modifications du radical analogues. ^ Q ^xw
« surdum esse », cp. ccog^; anh'u, cp., nog^. La plupart des mots coptes ayant la pénultième en o proviennent soit directement de r ^ w antique, soit de la réduction de l'hiatus l\^au.
Son rôle initial est plus efifacé ; nous avons déjà cité des exemples de sa présence au commencement de plusieurs thèmes coptes.