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PREMIER GROUPE

La première salle, marquée E sur le plan, est, comme je l'ai dit, soutenue par deux colonnes. Ces colonnes appartiennent à deux des nombreux types ptolémalques de colonnes-plantes. J'ai déjà expliqué, il y a deux ans, dans un Rapport au Ministre de V Instruction publique sur ma mission de 187 5 à 1877 en Egypte, la signification symbolique qu'il faut y attacher \

Signification symbolique du lotus et du papyrus.

Le lotus et le papyrus * sont les emblèmes par excellence de la religion égyptienne, au même titre que le croissant pour les Musulmans, la croix pour les Chrétiens ; le sens exclusivement funéraire, qu'on prête encore aujourd'hui dans la

1. Ce rapport ne s'est pas retrouvé dans les papiers de Taateur ; une partie semble en avoir été fondue dans le présent travail. — G. M.

2. Ils s'échangent, et dans une représentation linéaire rapide, se confondent W r7

BiBL. ÉOYPT., T. III. 12

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science & ces fleurs, n'est pas justifié. Elles rappellent le grand dogme égyptien, dont le mythe d'Osiris est l'exprèssion la plus populaire, l'évolution perpétuelle de toutes choses, le reverdissement éternel de la Nature, à l'exemple de la Divinité qui meurt chaque soir pour renaître au matin plus glorieuse. Les Grecs nous ont appris que l'àme d'Osiris se cachait avant sa résurrection dans un lotus ; au matin, la fleur s'épanouit, et le dieu s'élance hors du calice. Les représentations des temples nous montrent également^ au-dessus d'une des deux fleurs sacrées, un serpent, un disque solaire, un épervier, un enfant, symboles du dieu rendu à la vie. Les Égyptiens voyaient donc dans le lotus et dans le papyrus l'idéogramme, si je puis dire, du principe fondamental de leurs croyances. Aussi les ont-ils mis partout, dans leurs ustensiles, dans leurs vêtements, dans leurs maisons. Au milieu des fêtes, leurs fleurs deviennent sur la tête ou à la main des femmes ime parure et un emblème. Dans les temples, elles composent la décoration des frises et des soubassements ; elles se retrouvent sur les montants des portes^ dans la main des déesses comme sceptre, pour rappeler qu'elles sont le récipient de la divinité ; sur les coiffures que revêtent les dieux ou les rois. Tantôt c'est une fleur fermée, tantôt un faisceau de boutons ou de fleurs entr'ouvertes, au-dessus duquel plane un disque solaire ; à l'intérieur du faisceau l'artiste n'a point négligé de placer un autre disque, faisant ainsi allusion aux deux étapes de la carrière du dieu. On conçoit que les colonnes n'ont pas échappé à l'influence de cette préoccupation religieuse ; elles figurent d'immenses tiges de lotus et de papyrus liées ensemble, et annoncent dès l'entrée la nature de la divinité adorée dans le temple. Amoureux du symbolisme, les Ptolémées exclurent tout genre de colonne qui ne rappelait point cet ordre d'idées ; le pilier avec ses formes simples ou composées disparut des monuments du culte, mais tous les types de colonnesplantes légués par les Pharaons furent adoptés et variés avec

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la recherche qui caractérise cette époque. Même dans les temples consacrés à une déesse, où les Pharaons soutenaient la voûte par des sistres gigantesques, composés d'un pilier comme fût et d'une tête d'Hathor comme chapiteau, les Ptoléraées se sont contentés de placer, au-dessus des calices de la colonne-plante, un abaque élevé, orné sur ses quatre faces d'une tête, indiquant par là que la divinité sortie des lotus et des papyrus entremêlés est une divinité femelle. Ainsi ils ont fait dans notre temple ; ainsi ils ont fait à Dêr-el- Médînèh, à Philœ, à Contra-Lato. Les belles colonnes d'époque romaine qu'on admire dans la grande salle hypostyle à Dendérah semblent faire exception. Le chapiteau campanô y est remplacé par les têtes à oreilles de vache, mais ce n'est plus le sistre lourd des temps pharaoniques ; le fût, contracté dans le haut, est un fût de colonne-plante et non pas un pilier : Tart et la symbolique y gagnent.Dans la seconde salle hypostyle du môme temple, nous retrouvons les faisceaux de fleurs sacrées ^

Je reviens à la salle E. Cette première salle est la mieux éclairée. Elle reçoit la lumière par deux véritables fenêtres, pratiquées dans le haut de la paroi sud, et semblables à celles de la grande salle hypostyle de Karnac. La destination en est facile à établir par comparaison avec les autres temples ; elle répond à la seconde salle hypostyle d'Ombos, d'Edfou, de Dendérah, celle que les inscriptions hiéroglyphiques appellent

le kha la « salle des processions » .Toutes les chambres de

service y ont accès. C'est là que les prêtres s'assemblent, que les cortèges se forment et commencent à se mettre en marche avec les images et les barques divines pour monter sur les terrasses ou pour sortir du temple ; là, les simples servants

1. La çolonne^sistre ainsi inodifiée,est en quelque sorte un trait d'union entre le sistre proprement dit et la colonne-plante : elle indique d'une part que la divinité du temple est une déesse ; de Tautre, elle rappelle la plante et l'idée qui s'y rattache. La divinité femelle n'est-elle pas comme le lotus, le lieu des régénérations divines ?

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attendent que des prêtres spéciaux aient été chercher les emblèmes divins dans les chambres mystérieuses.

Des deux portes pratiquées dans la paroi nord de la salle kha, la première en entrant conduit à Tescalier des terrasses, l'autre à une sorte de couloir décoré, aboutissant lui-même à une petite chambre en retour placée sur le même plan que le sanctuaire A . L'ensemble de ces deux pièces avait des usages multiples, dont le principal était la conservation des étoffes et des vêtements sacrés.

La chambre et le couloir du sud, symétriques de l'ensemble précédent, n'ont pas de sculptures. En raisonnant par analogie avec les autres temples, et en nous inspirant du symbolisme égyptien, nous y verrons l'endroit où l'on conserve les essences précieuses, où l'on consacre les onguents que le culte exige. N'est-il point logique de placer, dans une chambre qui confine à la salle que nous allons assimiler symboliquement au ciel de l'Est, les parfums et les matières de l' Yémen et du pays des Somals ? — Quant à la petite chambre qui fait pendant à l'escalier, et qui est également sans décoration, il y a toute probabilité qu'elle était destinée au dépôt des vases sacrés nécessaires aux cérémonies multiples de la purification par l'eau.

Fêtes.

Ainsi, le petit monument de Karnac avait son service particulier organisé d'une manière permanente, au contraire de divers édifices de l'Egypte et de Nubie, où l'absence de cryptes et de salles de dépôt fait supposer que les cérémonies n'étaient célébrées que de loin en loin, à certains anniversaires. Il avait par conséquent son calendrier de fêtes, son cortège de prêtres, etc. Malheureusement les parties du temple, où ces renseignements sont d'ordinaire consignés, n'ont pas été décorées.

Une fête, la principale, est mentionnée par deux inscriptions de la chambre septentrionale du second groupe, où Osiris

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est représenté couché sur son lit funèbre. ^o ^

55) f^ ^ ^^ G® j^^r d^ taureau pur dans son champ^tel était son nom.

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