‹ OEuvres diverses. PublieésChapitre 160 sur 218 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LE ROI, FÉDÉRIC

FÉDÉRIC

Sire, pardonnez à ma franchise; je remplis le devoir d'un serviteur fidèle en représentant à voire majesté...

Allons, toujours sire et votre majesté! Ne sommesnous pas convenus que tu m'appellerais chevalier?

rK)6 LA REVANCHE,

FÉDÉRIC

Eh bien! chevalier, soit. Que pensera-t-on à votre cour et dans toute la Pologne, quand on y apprendra qu'au lieu d'aller réduire les révoltés de Lemberg, vous êtes venu passer huit grands jours au pied des monts Rrapaks, dans le vieux château du comte Sigismond liOwinslsi?

LE ROI

Rassure-toi, Fédéric; j'ai transmis mes ordres au duc de Ralitz, commandant de Lemberg. Au moment où je parle, les révoltés sont sans doute rentrés dans le devoir; et c'est pour prévenir ici de pareils soulèvements que je suis venu visiter incognito le comte Sigismond, le plus riche feudataire de ces contrées. Ce château, mon cher Fédéric, renferme un trésor que je ne m'attendais pas à y trouver, et auquel je ne pourrais désormais renoncer sans le plus grand regret.

FÉDÉRIC

Un trésor ! voilà bien les amants. Je conviens que la fille du comte est aimable et jolie...

LE ROI

Si aimable, que tout ce qui l'entoure me paraît charmant. Son père, excellent homme, mais qui n'est pas peut-être un esprit très brillant, m'enchante par l'originalité de sa conversation et sa prétendue philosophie. Ces jardins mal plantés, mal cultivés, d'un aspect sauvage, ont pour moi mille attraits, et les tourelles de cet antique château me semblent le palais des fées.

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