Isalc, V
HEBRiEO-
une communauté de tradit:
dans les autres points de ônumérés. Il convient de coi et de les étendre aux source assyriennes.
A Toccasion d'un passage d( fait remarquer que TExode ne p Hébreux auraient traînées, su mais de briques faites par eux-r
M. de Longpérier dit que î^ version de M. Birch, se réseï quand il sera publié.
Sur la défense àe jurer par l cette lecture, M. Derenbourg f Bible, on voit Joseph, voulant dire : « Par la vie de Pharao XLii, 15 et 16).
M. Brunet de Presle dit que serment lui-môme qui est inten
M. Derenbourg répond que sorte d'abus. Joseph, en cette cir ment défendu d'avoir prononcé
M. de Longpérier lit une Hebrœo-^gyptiaca.
L'auteur établit quelqu
1. Cet article fut lu à l'Acadé 1874, 4- série, t. II, p. 324. C'étai d*Ani qui a été inséré dans l'Êgy^
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maximes des Egyptiens et celle des Hébreux. Il cite, par exemple, la onzième maxime du scribe Ani :
« Le sanctuaire de Dieu, ce qui le profane, ce sont les » éclats bruyants; prie-le humblement et avec un cœur » aimant dont toutes les paroles sont secrètes; il fera tes » affaires; il prêtera l'oreille à tes paroles, il accueillera » tes oblations. »
Et il la rapproche de plusieurs préceptes de VEcclésiasie (v, 1) et de V Ecclésiastique (xxxv, 5), et des préceptes de l'Évangile (Matt/i, , vi, 6, 7, 8) mis en scène dans la parabole du Pharisien et du Publicain (Luc, xvin, 10 et suiv.).
Eh bien non ! malgré 1 affirmation du Journal officiel, l'illustre savant n'a pas composé de conte imité du chinois; mais, comme aux connaissances variées qui ont fait sa réputation, il en joint une non moins remarquable, mais plus secrètement cultivée, celle de la langue chinoise, il a traduit en anglais un conte de la collection dite Kin-Kou-Ke-Kouan, datant de la dynastie des Ming. En adressant cet opuscule au corps savant français, dont il est correspondant étranger, M. S. Bircli se faisait connaître comme sinologue et ne songeait nullement à ajouter la qualité de romancier à la longue série de ses titres scientifiques.
Si le J^ournal officiel ne nous a pas induit en erreur, l'Académie aura dû se faire une opinion singulièrement inexacte de la communication du savant anglais; aussi, lorsque nos ennemis de l'étranger, et nos amis eux-mêmes peut-être, jetteront les yeux sur le compte rendu dont nous avons cité les premières phrases, ils se sentiront pris de ce fou rire dont nous ne leur avons que trop souvent fourni roccjision. Plût à Dieu qu'ils n'eussent jamais eu à rire que de nos bévues littéraires, et puissions-nous bientôt, à force de travail et de réformes, leur inspirer à tous d'autres sentiments que ceux de l'hilarité !
L'organe officiel donne au roman présenté par M. S. Birch le titre de : « La Co((jure de pierreries ». C'est à n'en pas croire ses yeux. Si le i^eporter n'a pas pris le titre anglais : The Casket o/Gerns, pour du chinois, il est manifeste qu'il s'est servi, pour le traduire, du fameux dictionnaire macaronique au moyen duquel nous obtenions, sur les bancs de l'école, une version si pittoresque de ce vers des Bucoliques :
Silvestvem tenui musam meditaris avenà.
Dans ce dictionnaire, casket donne nécessairement casquette, mais le rédacteur de rOflBciel, quoiqu'il ne soit
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fmt leur société l,ah1»^''°« à ««« courtis ^ Mademoiselle -r '""lie. "^
'f'ne, était d-une",;®hih-Nin^. ainsi s « .arquésressen,bJai^^n«de J^ormes Lan «ilines,- sa taille™^ ^««t aux cor^tours 4" «talent comme des^î , °°"'°« »» «ge d Wanoh.e; c'était un ^1'=''«'> couvi-ant I? nu -aa' «s grâces coL1i'"»'»nt sans tache h le^/aulesetdes J^'»^ lèvent et la ;^' «.au comme „„ ««J-r.. o™^ .^^ Pot
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huitième année, elle avait partagé la vie et les plaisirs d'un nombre immense de jeunes gens de la bourgeoisie et de la noblesse, r| u'elle avait épuisés et ruinés sans regrets.
A cette <5poque, vint à Péking (alors nommé Yen-King). pour passer ses examens au concours du Nord, un jeune homme nommé Li-Kî, fils de Li-pou-Ching, de la ville de Chaou-Hingr ; il avait pour compagnon d'études un de ses compatriotes, déjà reçu bachelier ès-arts, du nom de Liéou- You-Chun..
Li-Kl rencontra la belle Tou-Sliih-Ning, et, comme il était jeune et inexpérimenté, fut aussitôt saisi d'une passion soudaine pour cette incomparable beauté; il s'abandonna entièrement à elle. Galant et beau, chaleureux et libéral, il se montra constamment bon et attentif. La jeune fille, frappée de ces qualités, s'attacha â Li-Ki et sentit se développer en elle la pensée que, depuis quelque temps, elle avait conçue, de suivre un époux; son amant, redoutant la sévérité paternelle, n'osa pas lui proposer le mariage, mais ils continuèrent à vivre attachés l'un à l'autre, comme mari et femme, faisant, par les montagnes et par les mers, le serment souvent répété de se garder mutuellement
Une affection semblable à la mer,
Une affection dont on ne peut sonder la profondeur.
Une union stable comme les collines, et même plus élevée.
Mais la pauvre Tou-Shih-Ning vivait chez une misérable vieille femme qui l'exploitait. Aussi longtemps que Li-Kî put fournir de Tar-gent, la mégère renvoya sans trop de regrets les riches solliciteurs qui ne cessaient de se présenter ; mais^ à la fin, la boxarse du jeune homme s'épuisa; le vieux Li-pou-Ching, infox'iné de la conduite de son fils, cessa, ses subsides, et lui enjoigr°it de revenir.
La vieille duègnes voulut alors faire expulser Li-Ki : « Nous sommes, e^p^iq^^-t-^^He à sa protégée, des gens pro-
UN ItOfl^,
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Tencourage, lui donne de nouvelles preuves de son amour, puis elle essaie d'cveiller en lui quelques accès d'énergie. « S'il vous est impossible d'obtenir de l'arg-ent, lui dit-elle, )) que vais-je devenir jusqu'à la fin de ma vie ? » Le faible Li-Ki se contente de verser des larmes; il n'articule pas un mot de réponse.
Alors Tou-Shih-Ning lui donne cent cinquante dollars qu'elle retire du tapis de soie sur lequel elle couchait et rengage à se procurer le reste de la somme nécessaire.
Enchanté de ce secours inattendu, Lî-Ki se rend chez Liéou-You-Chun et lui raconte ce qui s'est passé. La. générosité de la courtisane intéresse vivement le bachelier; il court aussitôt prendre cent cinquante dollars et, les mettant entre les mains de son ami : « J'ai emprunté cet arg-ent à )) votre intention, dit-il, non par affection pour vous, inais » parce que je sympathise réellement avec les sentiments » de Tou-Shih-Ning. »
Lorsque celle-ci apprit cette libéralité, elle fit allusion à Tesprit de mollesse et d'indécision de Li-Kî : « Nous devons » Taccomplissement de nos vœux à l'énergie de Liéou-You- » Chun. )) Ce fut elle encore qui eut à pourvoir aux fra.is de location des chaises et des bateaux nécessaires pour le voyage.
Prise dans son propre piège, la vieille fut obligée d.e se contenter des trois cents dollars. VAle se vengea en gardant les ajustements de la fugitive et en la poussant dehors par les épaules en compagnie de son époux.
La carpe a lâché l'hameçon
Et s'est échappée, Agitant la queue, secouant la tête ;
Elle ne reviendra plus!...
Tou-Shih-Ning venait de se lever ; elle n'était encore ni coiffée, ni peinte, et n'avait que de vieux vêtenacnts. En o
triste èqnip^ë^> eJJe condaî^^^ ^/^y res du mêino quartier. On leUr clc Chez Siè-^oué-Kir^g^ y^ne dV réparer le désordre de sa toilette; sion de fleurs artificielles, des bra( cheveux en turquoise, des manc fleurs, des ceintures bariolées et lendemain, un grand banquet fut i y assistèrent; il y eut de la mu danses, puis Tou-Shih-TNJij^g ^^^^
qui promirent de lui faire chacune départ.
Li-Kî se laissait enivrer de ces demain. (( Où irez-vous en partan » appelle désormais son épouse; a^
a Je n'en ai point, répond l'hom )) fort irrité contre moi : s'il ap )) maison après avoir épousé une :
» plus furieux. Je ne sais réellem
(( Un père, reprend Tou-Shih )) nature, comment pourrait-on r )) puis-je pas aller avec vous à S )) quelque temps, dans la région » seaux, en attendant que par Te^J )) puissiez arriver à une réconcili-^
(( Voilà justement l'affaire », d
Lorsqu'ils allèrent prendre' c< Liéou-You-Chun, Tou-Shih-Ning termes sa gratitude, et lui promit le pourrait, legnxnd service qu'il de délicatesse. Tous les préparati deux époux allaient monter en > élégante des Sœurs ariùva en < apportaient les présents qu'elles venir aux besoins du couple f ugiti
320 UN tlOMAN CHINOIS
de lames d'or, solidement fermé ;i clef et dont le contenu demeura secret. Liéon-You-Clum versa les trois coupes du départ, et les beautés accompagnèrent les deux époux jusqu'aux portes de Tsoung-Wan, où Ton se sépara en pleurant.
A Sou-Ho, où prenait (in le voynge ])ar terre et où il fallait louer une barque, Li-Ki, qui avait retiré, avant de quitter Péking, ses vêtements mis en gage, ne possédait plus un seul taël dans sa bourse. Dans cette nouvelle épreuve, il n'eut recours qu'à sa tristesse ordinaire. Sa femme prit alors dans le colïret apporté par les Sœurs une bourse de soie rouge qu'elle jeta sur la table: elle contenait cinquante onces d'argent pur. « Grâce à la bonté des Sœurs, » lui dit-elle, nous ne manquerons de rien pendant le » voyage, et plus tard nous pourrons trouver les moyens de » payer notre logement et nos dépenses dans la région des » collines et des ruisseaux. »
Émerveillé de cette ressource nouvelle, Li-Kî lui dit : a Si » je ne vous eusse pas rencontrée, si j'eusse rencontré toute )) autre que vous, je serais mort dans un endroit où personne )) ne m'aurait honoré de funérailles. Ah! quelle vertu! Jus- » qu'à ce que mes cheveux blanchissent, je ne saurais l'ou- )) blier. » Et il se mit à répandre un torrent de larmes.
Ce voyage s'effectuait par eau. Li-Ki demeurait le plus souvent silencieux ; il se dérida cependant lorsque la barque entra dans le King. Assis à la proue, près de son épouse : « Nous appréciions de King-Gan, lui dit-il, célébrons par » un banquet notre arrivée ; dissipons notre tristesse. »
« Il y a si longtemps, lui répondit-elle, que je n'ai joui » de vos sourires et de votre conversation, que j ai eu la )) même idée que vous. »
Les deux époux donnèrent sans retard suite à cette proposition ; ils burent jusqu'à l'ivresse. Li-Kî redevenait tendre : « Vous chantez délicieusement, dit-il à sa femme, » et il y a bien longtemps que je n'ai entendu ce refrain
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» n'admettra jamais une concubine; pviisc|\.i'il vous a blâmé » de fréquenter des lieux peu coi^^^oi:iitl>les, comment le » déciderez-vous à vous laisser épousor- lane femme galante? » Quant au plan suggéré par la divmo de rester à la cam- » pagne, il ne durera pas longtemps. "Votre situation est » bien difficile. » Ici Li-Kî fit un signo d'assentiment. « J'ai » une idée, ajouta Sun-Fou; de touto iinticiuité on a dit que » les femmes sont inconstantes coiiiii\o l'oau et qu'efies par- » ticipcnt de la nature des vapeurs ot des fleurs c'cst-à- » dire qu'elles sont composées d'uii. povi de vérité mêlée de )) beaucoup de mensonge. La vôtre, \ane célébrité du quar- » tier des Sœurs, a sans doute fait ixssez de connaissances » pour remplir Fempire; elle s'arrange peut-être de manière » à se servir do vous pour aller rejoindre quelques-uns de » ses premiers amants. »
Sun-Fou continua ce discours ^artificieux et finit par proposer à Li-Kî ébi-anlé mille doll^xrs pour prix de Tou- Shih-Ning. Avec cette somme Li-KLî persuadera aisément à son pore qu il na pas oto dissipa toAir. et la reconciliation S opérera vite.
Notre triste personnage acceotc^ -^^^^ x« i ..^^a;
^ .ç' rp %i ., ^^.^^ ^otteoiïre, sous la condi-
tion toutefois que Tou-bluh-r^îii^t:-. ^. . i !.„,„
* ^"S eonsentira a la tran-
saction.
Celle-ci avait préparé, pour lo ^^ , i i i >
dessert et le vin. Lorsqu'elle l'at^oî^. ''^"'^"' ^^'"" l T ' i' de lui et lui offrit la coupe, u^^f:-^^*' «"« courut ««-dev.mt ,,. , *'***^X55xl secoua la tetc, rcfusii
de boire, et, sans prononcer vn-^^^ bcouutv
s'endormit. ^'' pu rolc, se mit au ht et
Affectée de cette tristesse et «-i ..^. m
Shih-Ning, penchée sur la co,.,^,'^ ^^^tte indifférence, Toului arracher l'aveu de ses un^^t .^ <ic son époux, fimt par l'ignoblemarché qu'il avait Utcit^'*^^ ""^ la déclaration de
« Cet individu, dit-elle alors ci.^'^^^^rit accepte. » héros, puisqu'il vous propos^ ^'^ ton scvic«x, est un grand » vous aurez touché son argent ^"^ P\n<^ semblable. Quand
raez volrc perj, C/,,^,
" léserai plus u„' ?* ""o/, ras/js '-^
» millo pièces tCo-9'^**>'0s "*''*'"'<' - « N'étant to. " ""■'■ans-omo
' "ncore reçues. „ ''"'• ie votr^ ,. .
- « Acceptezrf' ''«ratunent,
" ™1K les aur», "">« Des» I ■''°"=""nt« » »™ î«<eau w^ s'"^""^ bS '"™ '"^ -""'<
' ^°". doit être p," 3* P'-eodroî^' "''"'= «
f«™^; "":;tZ ""We:- î;"- -MeTe li'WudeetdpS- ^""r él.l . ""■ «itait eJ, "■'or.a.iolflÎ;-:''- Sut'^---t ies y^u™
■""■fM de son f 'P'e tÏ '" '■e'Hiso A '« poids de ™/'J=''°'»Ur oT ":'^"»-"'"K s'a,
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• '"' rende. """' 'e p„ °' « ■■ - Per■a,otte^-, .«""-''ou, lare» ''«oportde Li-lii
tjaoa, et des boucles d'oreilles entassées au milieu, valant plusieurs centaiiK^s d'onces.
Tou-Shili-Ning les prend et les jette dans lu rivière.
Des autres compartiments, Li-Kî retira successivenient une flûte de jade, une pipe d'or, des bijoux, d'antiques pierreries et de Tor pourpre, en valeur de plusieurs milliers
d'onces.
Tou-Shih-Ning jeta le tout dans la rivière.
Un dernier compartiment était rempli de ces perles nommées splendeurs de la nuit, dont la valeur ne saurait être estimée. Les spectateurs poussaient des cris d'alarme, car Tou-Shih-Ning voulait également les jeter dans Teau. Li-Kî, hors de lui, rempli de honte, la tenait dans ses bras, pleurant amèrement. Sun-Fou vint lui-même pour l'exhorter à renoncer à son projet. Elle repousse le premier, et fixant ses regards sur l'autre : a J'ai supporté, lui dit-elle, bien )) des ennuis avec Li-Kî ; ce n'est pas sans de grands efforts » que je suis arrivée jusqu'ici. Pour satisfaire vos appétits )) de corruption et de sensualité, et grâce à vos discours in- )) sidieux, vous avez rendu mon mariage impossible avec » mon époux; vous avez détruit son affection pour moi. )) Vous êtes mon ennemi. Je meurs, mais je sais qu'il y a )) une providence qui châtie. »
Puis, s'adressant à Li-Ki : « Tout ce que j'avais économisé » pendant ma vie joyeuse, je l'avais réservé pour subvenir )) aux besoins du restant de mes jours; j'avais trouvé un » époux qui avait juré par les montagnes et par les mers » que rien ne nous séparerait. Avant de quitter ma demeure, » usant de feinte, je me suis fait donner, en votre présence, » par les Sœurs, les objets précieux renfermés dans cette )) ciissette, dont la valeur n'est pas moindre de dix mille )) onces d'argent, mais ces objets étaient ma propriété ; ils )) devaient servir à vous faciliter uue réconciliation avec )) votre père. Qui eût pu croire que votre foi était si peu )) profonde? Qu'une simple entrevue, au milieu du voyage,
» mon cœur si,,,. • ' '^«ITiralt .^
' Pri.ïpour Jcq„J'''° o( nima^'i'^»^ i„„„
"moi, vous JVii- '""s miiio/ ' ''''Ile pi
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* ^»"-S'."-Ni„,a';::^°-.^"-C^-» «W„i„a '«paru pour toujour
La postérité porta un jugement sévère contre Sun-Fou pour sa conduite en cette affaire ; à raison de l'abandon de Tou-Sliili-Ning, Lî-Ki fut regardé comme un fou stupide, indigne d'attention. Mais comment se fait-il que Tou-Shih- Ning, femme éiTiînente parmi celles de Tantiquité, n'ait pas su choisir un compagnon digne d'elle? Comment at-elle foulé aux pieds le phénix de Tsin-Low\ au point de faire une si grave erreur dans son appréciation de Li-Ki? Comment a-t-elle jeté la perle brillante, l'aimable joyau, aux mains d'un aveugle, qui a cliangé l'amour en inimitié, et, au lieu de lui rendre le sentiment d'un amour excessif. Ta honteusement trahie et portée à se précipiter dans les flots? Ses infortunes méritent une grande pitié.
Telle est l'historiette chinoise que M. S. Birch nous a fait connaître; peut-être mon analyse succincte a-t-elle fait perdre au récit une partie de ses grâces naïves, mais j'espère avoir conservé l'intérêt dramatique et l'intention philosophique de l'œuvre. L'Europe est bien jeune à côté de la Chine, plus d'une de nos inventions récentes n'est qu'une vieillerie déjà tombée en désuétude dans l'Empire du Milieu. Nous voyons, dans l'histoire de Tou-Shih-Ning, que depuis bien des siècles les fameuses idées de M"^® Aubray avaient germé dans le cœur des disciples de Confucius : la réhabilitation par VaniotiT''
L'auteur chinois n'avait nullement le projet de plaider en faveur de cette thèse, lorsqu'il a écrit l'histoire de la Traviata de Pé-kinO- Cependant nous ne connaissons pas de drame plus touchant et plus démonstratif. Tou-Shih-Ning, cette courtisane dont les nombreux adorateurs auraient rempli tout l'Empire, et qui a ruiné sans remords des mil-
1. Lung-You, femme de l'empereur Mouh-Kung, savait imiter sur la flûte le chant du phénix. Un jour le phénix, attiré par ces notes mélodieuses, vola vers la belle Lung-V^^ ^.u palais de Tsîn-Low. Lung- You s'enfuit avec l'oiseau céleste.
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328 UN ROMAN CIÎIXOIS
rongées par l'ignorance, parle luxe et par la sensualité. Des races plus robustes, plus façonnées au labeur, les serrent de près ; il est temps de jeter le cri d'alarme. Hâtons-nous de préparer une génération d'hommes et de femmes élevés plus virilement, formons des citoyens, mais apprenons-leur surtout (jue les droits de riiomme sont bien moins essentiels à la force des nations que ses devoirs.
Ce n'est point en nous enorgueillissant de nos gloires passées que nous préparerons des gloires nouvelles; nous ne nous sommes que trop nourris de nos prétentions à être la grande nation. Le vice-roi de Canton, Ki- Yng-, faisant à son maître un rapport sur les Anglais, les Français et les Américains, s'excuse des impertinences européennes qu'il est obligé de consigner, mais, ajoute t-il, « il ne faut faire aucune
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