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La Wany-Mou est l

BiBL. ÊGYPT., X- ^Cll.

354 LA. vEU\r

royaume de Tsi. Voyageant dan. ^ ^.^ p^^g^ Chouang-Sang avait, par l'étendue de ses connaissances, excité l'aclmiration de Tien-Tsoung et obtenu en ms^x-jage Ja fille de ce personnage illustre.

Tien-Shi était incomparablement plus belle que ses deux devancières: son teint était celui î des cristaux du givre ou de la neige; elle excitait la passion de l'amour comme une fée. Bien que Chouang-Sang ne fti t pas adonné aux plaisirs, il se laissa entièrement maîtriser par la beauté de sa nouvelle épouse; il se plaisait avec elle comme uii poisson avec l'eau.

Ayant entendu parler de la vertu de Chouung-Sang, le prince de l'état de Tsou l'envoya, cliercher pour en faire son premier ministre. Le porteur du xnessage royal était chargé d'offrir au philosophe cent lingots d'or, mille pièces de soie magnifique et un char à quatre cl icvaux.

A la vue de ces splendides présents, Chouang-Sang dit en soupirant :

« Lorsque le bœuf de sacrifierez se voit le corps orné de » soie brodée; lorsqu'il mangea, son gré paille et fourrages, » il s'applaudit de son sort glorieux, surtout à, la vue du » buffleépuisé, traînant pénible xTTtent la charrue. Tvlais, lors- » qu'il entre dans le grand tecr^plo et aperçoit devant ses » yeux le maillet et le couteaia. , il voudrait bien être lui- » même au labourage; mais il c^s* trop tard. »

II refussi donc les présents cfl iJ monarque; ensuite il se retira, avec sa femme, dans l'ét.^ t de Soung et s'établit dans les montagnes de Nan-houa, au ^ ud de Taouchou

Un jour que Chouang-Sa„ «e promenait uu pied des

montagnes 11 aperçut un gro^^X^e de tombes négligées^ «Jeunes et vieux, s'écria-t -il ^n soupirant, sages effous » tous viennent se rejoindre ic^î ! Mais, une foi? descendu « dans le sépulcre, l'homme pex^*-il redevenir homme^ "

Il s éloignait tristement impre^ssionné, lorsque, îtoueiaues pus des premières, il dècouv.-î t tout à coup vxui tom^

3o6 La veuve

Puis elle prit un éventail blanc do forme très simple, et le lui présenta.

Agissant avec la mystérieuse puissance du taoïsme, Cliouang-Sang éleva les mains et fît jouer pendant quelques instants Téventail du côté de la têto du mort : Teau fut absorbée tout d un coup et le terrain doA^înt sec.

A cette vue, la dame se prit à r^îro de telle sorte qu'on eût pu lui serrer la figure dans lo gt-gux. de la main : « Je )) vous ai dérangé, monsieur, pour ootte manifestation de » votre force. » Puis, portant vers l'ang^le de sa coiffure sa main délicate, elle en retira une éping-lo à cheveux en argent et l'offrit, ainsi que son éventiiîl , ix Chouang-Sang, en lui adressant les plus chauds remercîoments. Le philosophe refusa l'épingle, mais accepta réventa.îl.

La dame s'éloigna joyeuse, et Chouang-Sang, l'esprit troublé, reprit le chemin de sa demoiaro, où, assis sous son toit de chaume, il exprima ses impressions dans les stances suivantes :

Ce n'était pas mauvais ménage ; Ce n'était pas ménage heuroux:.

Triste union cesse avant ï*^^^ - Et, sans le ressort amoureux:

Chacun romprait son marîa^ge.

Même avant l'heure des adîotix:

Chacun suivrait son goût vol

Son épouse Tien-Shi se trouvait derrîôr-e lui • T parler et soupirer, elle s'approcha et voulut s-iv ^^ ^^^^^t

il s'agissait. Comme docteur de l'école du T«/^ ' -i^^^ ^^ , *

^ «f ^ -^ ^^, Il avait droit

au nom de maître. '^lun

— « Quelle cause, lui demanda- t-ello, jDort )) à soupirer? D'où lui vient cet éventîxîi ? » ^ ™^^ maître

Chouang-Sang lui raconta alors tout^ l'H* dame qui éventait la fosse afin de séchor- lo *®*^^^^ de la

voir se remarier. « Cet éventail, ajouta,-- t~il ^^ POUx ^q\i-

» VOUS éloignée du mariage pendant trois ou cinq ans? » — (( Un fidèle ministre, répliqua Tien-Shi, ne sert pas » deux princes, et une épouse chaste ne se remarie pas. » Quand a ton vu une femme bien élevée boire le thé et » coucher dans le lit de deux familles? Si, par malheur, se )) réalisait Tévénement douloureux qui me laisserait veuve, )) ne parlez pas de deux ou trois ans ; mon veuvage durerait )) toute ma vie, et, même dans mes rêves, je ne penserais

)) qu'à vous. »

— (( On ne peut pas savoir, murmura Chouang-Sang ; on )) ne peut pas savoir. »

— (( Pensez-vous, continua Tien-Shi, sans modifier son

» ton injurieux, pensez-vous que les femmes soient, comme

)) vous autres hommes, destituées de vertu et vides de jus-

)) tice? Quand vous en avez perdu une, vous en cherchez

» une autre; vous divorcez avec celle-ci; vous prenez celle-

» là; et tout ce qu'on peut dire, c'est que vous êtes tous les

» mêmes! Sachez que nous, femmes, nous sommes selles

)) d'un seul cheval; nous savons nous maintenir sévèrement

» dans le droit chemm. Comment donc écouterions-nous le

)) langage d'un autre homme? Ce serait provoquer la mo-

» querie et le mépris des siècles à venir. Dieu merci! vous

» êtes vivant, mais supposez que vous sovez dans l'autre

» monde, mon attitude serait la même. »

En achevant ce discours, Tien-Shi/ «'approchant de Chouang-Sang, lui arracha l'éventail de la main et le mit en pièces.

« Il n'est pas nécessaire de vous mettre en colère, lui dit « Chouang-Sang; tachez seulement que votre fidélité soit » aussi réelle que votre indignation. »

3L.à s'arrêta leur entretien.

Quelques jours après, Chouane--<=t.^r.«. * u i -i. , n^^lade; son indisposition fit des n-^ ^^^ subitement

ïloiatôt sérieuse. Tien-Shi, tout L^'?^'"' '''^'^^' '' ^''f * j^ lit. *^^ pleurs, soupirait près de

le titre de Wang-Soun, c'est— à.— dire de prince du royaume de Tsou. D'après son dire, il avait fait. Tannée précédente, la connaissance de Chouang-Sang, dont il voulait suivre les leçons, et son voyage n'avait d'autre but que de voir et de consulter le philosophe. Mais, son professeur étant mort, il ne lui restait qu'à se dépouiller <ie ses vêtements de couleur et à présenter à la veuve l'honamage de ses regrets.

Le prince ordonna, en effet, à son ser\'iteur de retirer de sa valise des vêtements de deuil, puis, s'inclinant quatre fois devant le Cercueil : « O Chouang-Sang, s'écria-t-il, je » SUIS bien affligé de n avoir pas vu votre face, ni reçu vos „ leçons. Je yeux porter votre deuil pendant cent jours » pour satisfaire au sentiment de l'amitié particulière que » j avais pour vous. » x- ^i^ ^^uc

n s'inclina de nouveau quatre fois, versa quelques larmes

puis demanda à voir la veuve de son professeur '

Celle-ci se refusa d'abord à, l'entrAv..«. ™ • i ,,.

Soun fit observer que, d'après T^l •* ^^. ^^ ^*°^-

X • 1-. * **pres les anciens rites ni Ias

épouses, m les femmes seconde** *!«.« aa* f . '

^tion de s'abstenir de voir 1^ tmi, "? "' ° ^°* ^'"^"- » Chouang-Sang. ajouta-t-il. notTs étTon. ^ w- " ^""^ '' » maître et disciple. » ^*'*'°^ «° relation comme

Tien-Shi sortit alors de la cham h voir le compliment du prince. Ces t.^^i^-'"*"^'''^ ^''"^ ^^ elle jeta un coup d'œil sur son visir ®^ accomplis.

trouva très séduisant, elle sentit au^.ll*-'': t*' *'''™™® ^"® ^® dans son cœur. «aussitôt 1 amour s'éveiller

Elle lui exprima tout d'abord le rtiode n'avoir pas de domestique à mett '•^ qu'elle éprouvait

« Quoique mon maître soit mort d>**i ^* disposition. » emprunter son logement et m'y é'tahl • P"°<^®' J® désire » taine de jours, d'abord pour m'occ P^^^dant une cen-

» ensuite pour m'assurer s'il a laissé ^^^^ ^^ ®®^ funérailles, » commentaires. Son élève sollicite 1 P*^^**^"té quelques » recherche, afin de recueillir ses dJ^ .f ^eur d'en faire la

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