‹ Œuvres diverses; publiéesChapitre 105 sur 204 · SA VIE ET SES OUVRAGES. CCXXI · texte numérisé non relu

SA VIE ET SES OUVRAGES. CCXXI

ne se contentoieut pas seulement de bien faire, ils s'éUulioienl encore à bien parler, comme les Chrysoslôme et les Grégoire de Naziance, qui employèrent tant d'années à l'étude des belles -lettres; Astérius se nomme aussi le nourrisson des muses, et fait connoilre le commerce qu'il avoit avec Démostliènes, le plus excellent orateur de la Grèce. Tous ces grands personnages éloient bien éloignés de l'opinion de ceux qui se d'éclarent contre l'éloquence et qui voudroient même la bannir de la chaire de la vérité; ils prélendroient volontiers que 1 Evangile ne doit être annoncé aux peuples qu'en des termes rudes et mal polis ; comme si un prédicateur devoit renoncer à un art qui n'a été inventé que pour détruire le vice et pour lionorer la vertu. »

Maucroix avoit été amené à s'occuper d'Astérius, évê(|ue d'Amasie, au v« siècle, par les conseils de son ami Pellisson , qui professoit une estime profonde pour cet orateur chrétien. Avant l'édition des cinq homélies données' à Anvers, en 1608, par le jurisconsulte Phil. Rubanius, on ne connoissoit d'Astérius que quelques sermons conservés par Photius. A ces cinq homélies le dominicain Fr. Combélis avoit, en 1648, ajouté sept autres pièces du même genre, déjà publiées, mais sous le nom de Photius, patriarche de Constantinople.

A quelque temps de là, sans que je puisse en préciser la date, Maucroix dédioit encore à l'évêque de Soissons un petit poëme de deux cents vers, intitulé Les Solitaires. Je n'ai pas retrouvé l'occa-

CCXXll MAUCROIX.

sion de cette petite composition, qui sort tout à fait du genre habituel de Maucroix. la pensée qui domine la pièce, c'est que l'étal de mariage n'est pas un obstacle au salut, et que le monde et ses joies n'excluent pas la pratique de la vertu. Le style en est sage, égal el d'une élégance poétique assez soutenue; mais la verve juvénile manque à l'œuvre. Il y règne un sentiment de tolérance, qui, bien qu'évangélique, n'exclut pas le ressouvenir de la philosophie ancienne, dont Maucroix avoil fait une étude approfondie. La même influence se fait encore jour dans ce quatrain, qu'il fil à l'âge de quatre-vingts ans :

Chaque jour est un bleu que du ciel je reçoi, Je jouis aujourd'hui de coUii qu'il me doiuie; Il n'apporlicnl paspUis aux jeunes gens qu'à moi, Et celui de demain n'appartient à personne.

Cependant, quoique chargé d'ans, Maucroix n'en conservoit pas moins , avec une santé vigoureuse, toute la verve sarcastique de son jeune âge. De petites tracasseries suscitées par l'hôtel de ville, à propos de taxes prélevées pour les travaux des fortifications et l'éclairage de nuit nouvellement en usage *,avoienl fait naître de divers points de la ville

1 L'ùditiiui prosfi'ivoit rôlahlisscment deslnnterncs dans les priiKiiiules \ illos du royaume est du mois de juillet 10!)7. 11 y est dit (jue les maires et éelievins auroient inspection directe, et privative à tous autres, surlesdites lanternes pour en connoîtrc et juger sommairement, condamner aux amendes... etc. Et à ce propos, un historien do

Page 1