A PHI LIS
Pourquoi faut- il moi-même irriter ma douleur. Kl me reiuhe artisan démon propre mal h en ri' Piiilis ne m'aime pas ; mais que '^ait-on? peut-être Pliilis m'aime nn peu mieux qu'elle ne iait paroitre. Une fille est timide, et n'ose l'aire voir Combien sur son esprit Amour a de pouvoir. Son l'en le plus souvent brûle pins qu'il n'éclaire, El tel en est aimé qui ne croit pas lui plaire. Phiiis n'est pas de roche, et je crois qu'en Ciî'el Son cœur n'est pas exempt du mal qu'elle me lai!. Mais pourquoi m'abuser de ces frêles mensonges? Dieux! connue les amants se repaissent de sonj^esî .le croirois que Phiiis ne me hau-oil point! Non, non, je ne sauroism'aveugler à ce poia!. De son peu d'amitié j'ai trop de certitude. Et je la puis blâmer d'un peu d'ingratitude. Oui, charmante Phiiis, je vous en pulsblAmer, Quel sujet avez-vous de ne me point aimer'?
I Au lieu lie ces six vers le manuscrit de lîoinis ne ilmme que ces deux-ci :
Pcut-Otrc que l'ardeur dont j« l)ri'ilc pour vous, l'hilis, mériteroit un triiltenient plus doux.
Ai-je oublié pas un de ces pclils services,
Qiti (les graiuh's amours .>onl les pi-.is sûrs indices?
Depuis le premier iouriiue j'adorai vos yeux,
Ne vous aimé-jepas tous les jours un peu mieux?
Ai-je manqué pour vous de respect ou de zèle?
îSe vous trouvé-je pas des belles la plusbel'e?
Si vous saviez combien vous me coûtez de pleurs !
Pliilis, si vous saviez mes secrèles douleurs!
J'ai vu cent fois du jour renaître la limiière
Avant que le sommeil eût fermé ma paiipière.
Ah! tous mes déplaisirs ne vous sont pas connus :
Héias ! je ne me jdains que (juaud je n'en puis plus.
Ma douleur se redouble n la tenir contrainte.
Je la soulage un peu, t|iiand je vous (ais ma plainte.