TIRCIS, DAMON
^^^s aisst:z, chcresbrehis, mes fidèles compnjrnes, ^•^jJp'Kr* Et dherbes et de fleurs dépouillez les campagnes. y^^J^^2/ Vos malheurs sont passés et le ciel a permis Que les avides loups soient vos seuls ennemis. Vous en aviez jadis (!e bien plus redoutables: Ces soldats inhumains, tigres impitoyables,
Qui tandis (jnela guerre a régiié dans ces lieux Par tant d'actes cruels irrilèrenl les cicux. Hélas ! combien de fois leurs brutales furiei Ont teint de votre sang l'émail de nos prairies! A peine j'écbappois à leur barbare effort, Témoin infortuné de votre triste sort ! I/invincible Louis, attendri par nos larmes, Des mains de ces cruels a fait tomber les armes. Ce jeune demi-dieu, secondant nos souhaits, Ramène en ses états l'abondance et la paix ; Du contre abandonné renouvelle l'usage; El remet en honneur le sacré labourage. Mais quel est ce berg*r qui s'avance vers moi*.' En croirai-je mes yeux? cher Tircis, est-ce loi?
TIRCIS
J'ai quitté pour te voir les rivages de Seine, Et les fertiles champs de Vanvre cl de Surêne.
DAMOIN.
Trop fidèle lircis, lu viens dor.cme clierclier En ces lieux où le sorl prit soin de me cacher? Mais n'es-tu point lassé du travail du voyage? Allons nous reposer sous cet épais ombrage. Tandis que nous serons au pied de cet ormeau, Je confie à mes chiens le soin de mon troupeau.
TIRCIS
Hé quoi! l'on nousdisoit (pie les armes d'Espagne Avoieul en un désert changé voire campagne ;
DE N5ALCU01X. Mo
Et qu'au lieu des présents de la blonde Cérès Le stérile ciiardon ombrageoit vos guérels : Cependant les moissons jaunissent dans vos plaines, Et vont du laboureur payer les longues peines, Je ne vois point de champs du contre négligés; El de pampres toiUï'usvoscoleanx sont chargés. Sont-ce là cescoleaux dont les douces vendanges Des vins les plus exquis ternissent les louanges? De grâce, cher Damon, fais moi voir S;iiiit-Thierri, Cet il'uslre colean de Bacchus si chéri'; Monirc-moi Verzené ', dont !a liqueur charmante Surpasse le nectar du lameux clos de Mante^
1 Le clos de Siiint-Tliioni, situé sur la terre de ce nom à une lieue deux lieivs, nord-ouest, de Reims, produit encore actuellement des vins rouges de Champagne de première classe et qui réunissent la couleur et le bouquet (les vins de Haute-Bourgogne k la légèreté des vins de Champagne. W.
2 Le coteau de Ver/.eiié, ou plus communément Verzenay, h près de trois lieues de Reims, produit aussi un vin rouge de première classe, qui est spiritueux, et a une belle couleur, beaucoup de suc et de bouquet. W.
S Ce clos est, je crois, celui de la Côte des Célestins, près de Mante-sur-Seinc. Les vignobles de ce canton sont bien inférieurs à ceux de Verzenay et de Saint-Thlerri, en Champagne; mais le berger parisien qui a quitté Vanvres et Surène n'en connoît pas de meilleur qu'il puisse citer. W.