CVIII MAUCROIX
phin parut seulement quatre ans pins lard , on suppose qu'il fut amené à ces inimitables compositions par le secret désir de coopérer en quelque chose à l'éducation du pelil-fils de Louis MV!
Les biographes, j'entends les meilleurs et les plus spirituels (i^lAÎAVakkenaer, Sainte-Beuve, Géruzez) ne sont pas éloignés de croire que La Fontaine, pour arriver aux productions qui ont fait sa gloire, eut besoin de sentir élever son génie dans la compagnie de Boileau et de Racine. Mais, en vérité, j'en demande bien pardon aux illustres maîtres que je me permets de combattre, cette thèse est insoutenable. En 1636, par exemple, l'année du séjour de La Fontaine à Reims, notre fabuliste étoit dans sa trente-cinquième année; mais Boileau, ;lgé seulement de vingt et un ans, faisoit au barreau ses malencontreux dé!)uts. Quant à Racine, à peine en sa dix-septième année, il éludioit à Port-Royal en attendant qu'on l'envoyât faire sa philosophie au collège d'ilarcourl. Et quand fut donnée la première édition des Contes, 1GG6, l'auteur d'Athalie n'en étoit encore qu'à sa tragédie d'Alexandre^
l Pour donner une idée de la manière dont certains biographes sabrent les faits, il faut citer ce que dit D. Grenier de Maucroix lui-même : « Passionné pour la poésie, dit le savant bénédictin , Maucroix recherctia l'amitié de Boileau, de Racine, de La Fontaine, qui occupoiont les premières places au Parnasse. » Et notez bien que les clTorts de Maucroix pour se lier avec ces grands poètes .sont , suivant le biographe, antérieurs à son arrivée à Rei ms ! Or, vers ICiO , date de sa prise d'habit, Maucroix avoit trente ans, Boileau quatorze, et Racine dix! ,