C.VXX MAUGROIX
bord, un désaveu aux actes du cardinal, qui avoil poussé les choses jusqu'à refuser l'ambassadeur dobédicnce.
La couronne avoit, à la vérité, des agents dévoués qui, sous le titre de Protecteurs des atraires du roi, prenoient, à l'occasion, la défense des intérêts françois. C'étoient à cette époque le cardinal d'Esté, dont la famille tenoit par plus d'un point à la France, et que le roi avoit fait évèipie de Montpellier; puis le cardinal Antoine, archevêque de Reims depuis deux ans, et dont le crédit à Rome avoit suivi la fortune changeante des Barberins. Le cardinal, Italien de cœur, pourvu de nombreux bénéfices et d'une fortune immense, tenoit peu au siège de Reims qu'il auroit, disoit-on, volontiers échangé contre un équivalent. Dans une sphère moins élevée, le cardinal Mazarin avoit encore d'autres agents qui le mettoient au courant des choses de Rome. C'étoient le P. Fr. Duneau, savant jésuite, qu'on avoit vu longtemps professer en France la philosophie, les mathématiques et la théologie, et qui remplissoil à Rome les fonctions de censeur ou de réviseur des livres françois ; puis surtout Elpidio de Benedicti, créature et ancien secrétaire intime de Mazarin. Le zèle de ces agents n'étoil point suffisamment assuré. Il y avoit nécessité, à l'aurore d'une nouvelle politique, de le réchauffer par des titres, des gratifications et de nouvelles instructions.
Fouquet, qui visoit à la succession du cardinal, songea donc à s'assurer ou à renouveler ces correspon-