‹ Œuvres diverses; publiéesChapitre 66 sur 204 · CXLVI MAUCROIX · texte numérisé non relu

CXLVI MAUCROIX

sémillante comtesse de Lhéry, de la maison des Maiipas ; la spirituelle madame de Berrioux, depuis marquise de Rotlielin ; madame Paris , dame de Muir, que ses coquetteries ont rendue célèbre; la comtesse d'Aubelerre; la charmante Biscara , devenue religieuse de Saint-Étienne, et en faveur de qui, à la sollicitation de Maucroix, Patru prononça l'un de ses meilleurs plaidoyers; mesdemoiselles Resilly, <{ue nous croyons être l'anagramme de Sillery, famille avec laquelle notre auteur entretint une si longue amitié; enfin une demoiselle Pinguis, d'une des bonnes familles de Reims , fille de beaucoup d'esprit, qui lisoil Cyrus et se piquoit de préciosité : elle paroit avoir occupé une assez grande place dans l'esprit et le cœur de Maucroix ; la liaison se formule du reste, comme les précédentes , par des madrigaux et des épigrammes qui reproduisent les pliases ordinaires des amitiés de Maucroix.

Vers ce temps, le 22 décembre 1664, mourut Angélique-Clarisse d' Angennes, cette sœur de madame de Saint-Étienne et à qui, dit Tallemant, mademoiselle Paulet avoit donné son nom et ses cheveux : dernière des filles de la grande Arthenice, elle avoit épousé, en 1658, le comte de Grignau, auquel fut mariée depuis mademoiselle de Sévigné. Maucroix prit part à la douleur que causoit à la famille ce douloureux événement, et l'on a recueilli les vers qu'il adressa à ce sujetà la marquise de Rambouillet, qui devoit sitôt suivre au tombeau cette fille aimée.

Une autre mort étoit venue quelque peu auparavant afi'ecter le cœur de Maucroix : celle de Per-

SA VIE ET SES OUVRAGES. CXLVIl

rotd'Ablancourt. Bien que les œuvres de Maucroix ne nous aient rien fourni qui le concerne, on sait de notoriété qu'une grande amitié le lioit au célèbre traducteur, et que c'est de celui-ci que Maucroix hérita le goût qu'il manifesta bientôt pour les grands écrivains de l'antiquité. Mort à Vitryle-François, le 17 novembre 1664, à l'âge de cinquante-huit ans, Perrot , seigneur d' Ablancourl , que la postérité a fait déchoir du haut rang où l'avoient élevé ses contemporains, étoit véritablement un homme d'un haut savoir et d'yne originalité d'esprit fort piquante. Avec ce caractère dont Tallemanl nous a raconté les bizarreries, on est tout surpris que Perrot se soit exclusivement adonné aux traductions. C'est qu'au dire de ses contemporains, il y réussissoit à merveille. « D'Ablancourt et Patru , dit Longuerne, sont les deux grands maîtres pour le slyle, et depuis la mort du premier, la langue, bien loin de se perfectionner, n'a fait que décliner. » Perrot , ami de Maucroix, de des Réaux et de Patru, étoit surtout fort étroitement lié avec Conrart, qui aimoit à le réunir à 5es -illustres amis dans ce charmant ermitage d'Alhis, que les muses du temps ont illustré comme retraite du sage Théodamas.

Malgré son amour pour la paix et sa répugnance pour la vie publique , il étoit écrit que Maucroix sortiroit encore du repos qu'il s'étoit créé et qui faisoit sa joie. Comme jurisconsulte, Maucroix avoit plus d'une fois prêté le secours de ses judicieux avis

Page 1