‹ Œuvres diverses, Volume 5Chapitre 9 sur 94 · RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

RELIGIEUSE

DE LA VISITATION SAINTE-MARIE D'ANIIBCY

• L'Eglise a paru tout à la fois vierge, épouse et veuve, et, dans tous ces états, religieuse. La Sainte Vierge, qui est la plus excellente partie de l'Eglise, dont elle peut être nommée la fille et la mère, étant la Mère et la Fille de son chaste et unique Époux, a possédé ces trois qualités; sous ces trois états, elle s'est maintenue immaculée et sans tache, et elle a vécu toujours religieuse.

Le Fils de Dieu, se faisant homme pour honorer le mystère de l'union en ce divin composé de deux natures si différentes, a voulu allier et unir tous les contraires ; et il a fait Thonnenr à plusieurs grandes saintes de les rendre participantes de ce privilège de l'Eglise, son

épouse, et de la sacrée Vierge, sa mère. Leur ayant octroyé la grâce de vivre avec une continence et pureté virginale dans le mariage, pour les attacher à son service et à son amour par un lien encore plus pur et plus sacré, il leur a inspiré de couronner leur vie et leur viduité par 1 a profession religieuse .

Notre chère sœur Marie-Aimée de Rabutin Chantai, dont nous décrivons la vie, ayant été mariée avec M. le baron de Sales de Thorenc, frère du grand Évêque de Genève, F. ëe Sales, ne peut à la vérité se glorifier en tous points de ce privilège ; mais la grande pudeur et Tadmirable modestie et honnêteté qu'elle a conservées dans le mariage nous donnent lieu de dire qu'ayant été pure comme un ange en qualité de vierge, en moins de deux mois et demi elle a été épouse, veuve et nevice, et, * une heure après, professe religieuse ; et qu'en si peu de temps elle a recueilli les couronnes que les élues qui servent Dieu avec fidélité en tous les états reçoivent de sa justice et de sa bonté dans la gloire.

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