‹ Œuvres dramatiques (volume 2)Chapitre 111 sur 363 · EN UN ACTE ET EN VERS LIBRES · texte numérisé non relu

EN UN ACTE ET EN VERS LIBRES

Rtpr<n«U« pottr la première fois, par le* coraédieo* fraacaù ordiaairaa du Roi, le 39 avril 1816

PERSONNAGES

CAMPASPE

EUDORE, jeune Élève d'ApELLi:.

La scène est à Ecbatane, dans le palais d'Alexandre.

COMÉDIE héhoïqdf:.

( Ia' thcâtre représente Tatclier (rAfK'ile. Entre autres tableaux, on doit remar(|iier le portrait de Campaspe et une famille de Darius (ou \v portrait d'Alexandre.)

8Ci^.NE PREMIKRE.

EUDOHi:.

(Il entre avec précaution, et regarde li Apelle n*e«t pas dans «on atelier.)

Apelle est sorti! bon! je puis en son absente

Tout voir et tout examiner.

D'entrer ici poui'tant il m'a fait la défense....

Ob ! je suis las de dessiner !

Se reposer un peu, n'est pas un mal , je pense.

Que ce pays est ennuyeux !

Ab ! j'en veux beaucoup a mon maitiv D*avoir quitté , pour venir en ces Heux ,

Le cUmat si délicieux

De la Grèce qui nous vit naître.

Oui , celle Perse est un Irisle séjour.

Nous sommes logés à la cour ,

Le grand Alexandre nous aime , Il vient en ces lieux chaque jour ; Sa bonté pour nous est extrême ; £t cependant.... Allons, occupons nos moments, Et que les jours passés dans cette solitude, S'ils sont perdus pour nos amusements, Tournent du moins au profit de l'étude.

(Il examine les tableaux.)

C'est bien beau d'avoir du talent !

De savoir peindre comme Apelle !

D'Alexandre vraiment la pose est noble et belle* ! Quel air guerrier ! quel œil étincelant ! Et puis Campaspe ! oh ! comme elle est jolie !

Je pense qu'Apelle s'oublie En contemplant ce visage enchanteur ; Jamais il ne peignit avec tant de lenteur. Plongé dans la mélancolie Depuis qu'il a commencé ce tableau.

Souvent il lui parle, il l'admire, D'autres fois il pleure , il soupire , 11 jette sa palette et brise son pinceau. Sans cesse il efface, il retouche, Recommence les mêmes traits :

* Si le tableau représente une famille de Darius , il faudra substituer les vers suivants :

Parmi tout ce peuple tremblant , Dans sa douleur que cette femme est belle ! Comme Alexandre à Tespoir la rappelle!

Que son regard est consolant I

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