APELLE, EUDORE
APELLE
Que faites-vous ici ?
EUDORE
Mais....
APELLE
Parlez.
EUDORE
J'étudie.
APELLE
Quoi ! vous étudiez ?
EUDORE
Mon cher maître, j ai cru...
APELLE
Est-ce là votre place?
EUDORE
Et quel mal , je vous prie , De regarder?...
Je vous ai défendu D'entixr ici ; vous m'avioz entendu.
EU DO RE
Vous savez combien je vous aime :
Ne me grondez pas.
APELLE
Taisez-vous.
Je vous connais ; cet air naïf et doux Ne saurait me cacher votre malice extrême.
Si je quitte un moment ces lieux , Vous furetez partout , rien n'échappe à vos yeux ,
La curiosité vous presse; Quand je rentre , un mensonge avec art apprête Vient excuser votre paresse , Et par une feinte caresse Vous abusez de ma facilité.
EEDORE.
Mon cher Apelle, mon bon maître....
APELLE
Ne l'avais-je pas dit ? Allez , tous vos détours Ne me séduisent plus ; j'ai su les reconnaître.
EUDORE
Ciel ! pouvez-vous me tenir ce discours ! Quoi ! vous doutez de ma tendresse !
Vous étiez autrefois si bon !
Je le vois bien , quelque chagrin vous presse ; Car vous avez changé de conduite et de ton.
Ah ! pardonne, mon cher Eudore, Pardonne mon humeur toujours prête à s'aigrir! Un tourment affreux me dévore , Tout m'importune et tout me fait souffrir !