‹ Œuvres dramatiques (volume 2)Chapitre 230 sur 363 · ACTE 1, SCÊKE VI · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÊKE VI

Et tantôt divisés , tantôt d'intelligence, Tour à tour partageaient, disputaient la régeoce; Vous étiez libre encore en ce moment fatal Oïl le duc de Bourgogne , audacieux vassal. Osa trancher les jours du frère de son maitn.*.

Eh bien ?

CRAON

Comme régent il se fit reconnaître.

Mais bientôt, se prêtant un mutuel appui. Les princes indignés s'armèrent contre lui. On vit alors la haine, un moment assoupie. Se réveiller au bruit de cette guerre impie, Et chaque citoyen , aidant à nos malheurs, Adopter d*un parti le signe et les couleurs. Bourguignons, Armagnacs , semblent dans leur furie, N'être plus les enfants d'une même patrie; Ces noms, triste aliment de nos divisions. Sont le signal du meurtre et des proscriptions : Il n'est plus de devoir, plus de nœud qu'on révère. Oubliant sans pudeur leur sacré caractère , Les ministres d'un Dieu de clémence et de paix. Au meurtre, à la vengeance instruisent les Français! Ils osent à Tenvi prodiguer Tanathème ; Dénier aux enfants Teau sainte du baptême; Ils osent au mortel qui va finir ses jours De la religion refuser les secours !

I Que dis-je? leur délire étouffant tous scrupules, I Ils ont de la prière altéré les formules ,

Voulant, même en leur culte, à la haine soumis.

Ne plus invoquer Dieu comme leurs ennemis ! C'est ainsi qu'au milieu du crime et du scandale , Les princes ont détruit l'autorité royale: Dévorés de la soif de régner un instant , Ils ont brisé le sceptre en se le disputant,

CLISSON

Juste ciel!

C'était peu de la guerre intestine, L'étranger vint encor hâter notre ruine ; Les Anglais....

CLISSON

Les Anglais !... En entrant dans ces lieux, Oui, j'ai vu notre honte, elle a frappé mes yeux. Craon, c'en est donc fait, et la France est esclave ! Ici même Henri nous insulte et nous brave ; Et sur la tour du Louvre arborant ses drapeaux , Il goûte dans nos murs un insolent repos!... O toi qui de la France avais séché les larmes, O généreux Guesclin , mon noble frère d'armes. Que dirais-tu, voyant ces remparts envahis Par ceux dont ta valeur délivra ton pays? Hélas! en cet instant que je te porte envie! Tu fus encor vainqueur, ayant perdu la vie; Et moi, de mon vivant mes lauriers sont flétris : Je respire, et l'Anglais est maître de Paris !....

CHAON.

Hélas!

CLISSON

Mais, poursuivez.

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