‹ Œuvres dramatiques (volume 2)Chapitre 25 sur 363 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ARTABAN, ARBACE.

ARTABAFI.

O gënëretix Arbacel Noussonunes seul$,YieDs,vien8,que ton père t'cmbraftse.

ARBACE.

Retirez-vous, barbare ! assez longtemps mon cœur A su se faire effort pour sauver votre honneur. L'opprabre, le trépas, vont être mon salaire; J'ai payé plus qu'un fils ne devait à son père. Mais vous, qu'avez-vous fait ? Un prince assassiné, Artaxerce trahi, votre fils condanmé!

Et lorsque mon respect me laisse sans défense , Vous osez abuser , cruel , de mon silence; Vous-même Ton vous voit, poursuivant votre fils. L'accuser d'un forfait que vous avez commis!

ARTABAIf.

Pour nous sauver tous deux, 6 mon fils, j*ai dû feindre; J'ai dû tromper le roi , t'accuser, me contraindre; J'ai dû parer le coup dont j'étais menacé ; Mais moi vouloir ta mort! ingrat, l'as-tu pensé? Le temps est cher, écoute : une secrète issue Pratiquée en ces lieux, et de moi seul connue. Peut t'éloigner bientôt de ce triste palais. Tes jours sont assurés; viens, suis-moL *

ARBACE.

Non, jamais.

Quand je suis accusé d'un forfait exécrable ,

46 ARTAXERCE

Fuir, ne serait-ce pas me déclarer coupable ? Non , je veux demeurer.

ARTABAN

Insensé! que dis-tu?

A quoi sert aujourd'hui cette austère vertu?

Elle sauve à mon père et l'honneur et la vie.

ARTABAN

Songe à toi , mon cher fils , fuis ton ignominie ; Pense à ta renommée, Arbace, en cet instant : Viens, la gloire t'appelle et le trône t'attend.

ARBACE.

Que dites-vous? O ciel!

ARTABAN

La Perse malheureuse Accuse de ses rois la mollesse orgueilleuse. Ces despotes cruels, successeurs deCyrus, Héritent de son trône et non de ses vertus ; A leurs cœurs avilis les voluptés suffisent; Le peuple les déteste et les grands les méprisent; Tous les Persans enfin , lassés de tant de maux, Pour secouer le joug n'attendent qu'un héros Dont le cœur généreux, la valeur, la justice, De l'Etat chancelant soutiennent l'édifice. Sois ce libérateur, monte au trône : ma main T'en a déjà, mon fils, préparé le chemin. Du peuple et des soldats pour fixer l'inconstance , Parais, il suffira de ta seule présence. Enfin , c'est pour toi seul, c'est pour te couronner, Qu'au crime dans ce jour j'ai pu m'abandonner.

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