ACTE II, SCÈNB VI
ABBACI.
Des honneurs criminels ne sauraient me tenter : Je puis mourir pour vous, mais non vous imiter.
ARTABAIV.
Eh bien! meurs donc, ingrat; sois rhorrcurde la Perse;
En courant h la mort, bénis ton Artaxerce;
Et sur un échafaud étalant ta fierté,
Va recevoir le prix do ta fîdélité!
Je le vois trop, ton cœur est faible et sans courage.
Il est fait pour ramper dans un vil esclavage.
Meurs, lâche, meurs: c'est moi, dans cette extrémité.
Qui vais monter au rang qui t'était présenté;
Et sans m'embarrasser du coup qui te menace.
Seul je vais recueillir le fruit de mon audace.
ARBACE.
Eh bien! régnez , barbare , et laissez-moi mourir!
ARTABAN
Écoute, malheureux! où veux-tu donc courir?... Je ne puis, je le seus, étouffer ma tendresse. Et malgré moi mon cœur à ton sort s'intéresse. * Mais c'est trop te prier de te rendre à mes vœux; Suis-moi, je te l'ordonne : obéis, je le veux.
ARBACE.
Je ne puis.
ARTABAN
* Viens, te dis-jc, ou je vais t'y contraindre.
ARBACK.
Arrêtez! c'est à vous peut-être de me craindre.
* Ce TCTs et k toiTant «ont d« Lemière. I. 4
50 ARTAXERCE
ARTABAN
Tu me menaces!.... Viens.
ABBACE.
Holà, gardes!
ARTABAN
Ociel!
Que veux-tu faire, ingrat?
ARBAGE.
Vous échapper, cruel.
Fuir vos efforts, tremper votre attente inhumaine,
(Les gardes paraissent. )
Conserver mon honneur! Allons, qu'on me ramène; Conduisez-moi , soldats.
ARTABAN
Ah ! c'en est trop enfin !
Va donc, je t'abandonne à ton triste destin.
ARBAGE.
Il est digne d'envie en cet instant funeste! Votre fils va périr , mais sa vertu lui reste.
FIN DU DEUXIEME ACTE