ACTE IV, SCÈNE IV
Placer mon triste cœur entre mon père et lui!....
Odieux! dieux tout puissant», j*implore votre appui!
Non pour moi : terminez ma déplorable vie;
Je ne munnure plus de mon ignominie ,
Contre mes propres maux je me sens affermi ;
Mais du moins épargnez les jours de mon ami.
Veillez sur les destins d*une tête si chère ;
Inspirez le remords à mon coupable père ;
Avant Tinstant fatal, que son cœur combattu
Abjure ses desseins, renaisse à la vertu;
Que guidé par Thonneur et respectant son maître.
Ses regrets... .mais que dis-je? il n*est plus temps peutétre!
Ah! c*en est fait!... je vois le crime s'accomplir....
Artaxerce frappé rend le dernier soupir....
Oui, cher prince, Artaban, prompt dans sa per6die,
A déjà dans ton sein plongé sa main impie ;
Il jouit maintenant de son forfait affreux ;
Tu ne vis plus!...
ARTAXERCE, ARBACE.
ARTAXERCE
Arbace!...
ARBACR.
Artaxerce! grands dieux!
AHTAXERCE.
Oui , je viens terminer Tcnnui qui te dévore.
72 ARTAXERCE
ARBACE.
Se peut-il bien, Seigneur, quoi! vous vivez encore! Leurs barbares projets ne sont point achevés? Ah ! connaissez les coups qui vous sont réservés : Tout s'arme contre vous en ce péril extrême , Le peuple, les soldats, et mon père lui-même....
ARTAXERCE
Quoi ! ton père....
ARBACE.
Oui, Seigneur, son zèle... ses soupçons.... Il craint contre vos jours d'affreuses trahisons.
ARTAXI.RCE.
Comment !
ARBACE.
Il cherche en vain quels desseins on médite ; Mais un pressentiment le tourmente et l'agite; Et quoique rien pour vous ne semble à redouter. En blâmant sa frayeur il ne peut la dompter.
Un tel pressentiment sur moi n'a point d'empire.
ARBACE.
J'ignore s'il est vrai. Seigneur, que l'on conspire. Mais cependant mon père a vieilli dans les cours. Il prévoit des dangers, il tremble pour vos jours. Ah! ne négligez pas le soin de votre vie; Écoutez la terreur dont son âme est saisie! Un soupçon incertain, vague, sans fondement , Est quelquefois du ciel un avertissement.
ARTAXERCE
Quoi! faut-il m'alanner d'un frivole présage?