ACTE V. SCfeWE VII. g
•iifiRi.
Ah! je ne crains plus rien !
ARTABAll, à part.
Que va-l-il faire? 6 ciel !
ARBACC, «nant à Paatrl.
Oui, j y vole, Seigneur. Si je suis criminel , Que le courroux des dieux éclate sur ma tête.
ARTABAN , à f>art.
(Haut.)
Quel moment!.... le poison.... il va périr.... Arrêle!
AliBACE.
Ciel!
SÉMIRR.
Qu*cntends-je?
ARTAXERCR.
A rtaban, pourquoi donc vous troubler?
ARTABAN
Eh bien! il n'est plus temps de rien dissimuler. Ije danger de mon fils a glacé mon courage. Apprends que je versai ta mort dans ce breuvage.
ARTAXERCE
Quoi! perfide...
ARTABAff.
Connais Artaban tout entier.
De ton père c'est moi qui suis le meurtrier. J'ai laissé soupçonner mon fils, ce fils que j'aime. Pour voiler mes desseins et t'immoler toi-même ; Et Mégabise enfin soulevant les sujcls, N'était que l'instrument de mes hardis projets.
88 ARTAXERCE
ARTAXERCE
Ah! c'en est trop! Soldats!....
Je crains peu ta vengeance; Et tu ne me tiens pas encore en ta puissance. Tes gardes sont gagnes; en ce moment fatal, Tremble! ta perte est sûre, en voici le signal. Amis!
(Il tire un poignard pour signal, et les gardes tirent leur» épées.) SÉMIRE.
Dieux !
ARBACK.
Arrêtez.
ARTABAN
Secondez-moi, vous dis-je.
ARBACE.
Traîtres...
ARTABAN
N^écoutez rien, notre salut l'exige.
ARBACE, se jetant sur la coupe.
Barbare, que ce fer tombe de votre main,
Ou ce breuvage affreux va passer dans mon sein.
ARTABAN
Que dis-tu, malheureux?
ARBACE.
Si vous osez poursuivre.
De la vie à l'instant ce poison me délivre.
Pour mon malheur, ingrat, les destins t'ont forme ; Tu me hais, et je meurs pour t'avoir trop aimé.
(Il se fin^pe.)