‹ Œuvres dramatiques (volume 2)Chapitre 64 sur 363 · CORNÉLIE, SEMPRONIE, OCTAVIUS · texte numérisé non relu

CORNÉLIE, SEMPRONIE, OCTAVIUS

OCTAVIUS

Permettez qu'à vos pieds, Madame, Octavius

De sa reconnaissance apporte les tributs.

G*cst par vous que je puis encor dans les comices

Faire au peuple abusé de nouveaux sacrifices.

Hier , lorsqu'au Forum Caïus a proposé

Qu*un magistrat romain y une fois déposé ,

Fût de tous les emplois écarté pour sa vie ,

Et ne pût aspirer à servir la patrie ,

G*estmoi qu'il désignait : une pareille loi

Ne pouvait regarder et condamner que moi.

Mais en votre faveur, Madame, il la retire :

Le peuple à vos désirs s'empresse de souscrire ;

Et, par respect pour vous, vient de me conserver

Les droits de citoyen qu'il m'allait enlever.

CORNÉLIE

J'ai détourné Caïus d'une injuste entreprise.

Malgré Topinion , Seigneur , qui nous divise ,

Je sais apprécier , estimer vos vertus.

Vous étiez opprimé, mes soins vous étaient dus.

Pourquoi faut-il, bêlas ! qu aveugle en votre zèle.

Vous ayez du Sénat embrassé la querelle!

Et que ne pouvez-vous, ouvrant enfîu les yeux ,

Seconder de mou fils les desseins généreux?

OCTAVIUS

Moi ! je sacrifierais, par un retour infâme, La cause que j'approuve a celle que je blâme ! Non, non; si de Caïus je partageais les soins, Vous-même , j'en suis sûr, m'en estimeriez moins.

CORNÉLIE

Vous croyez servir Rome, et voilà votre excuse ; Un jour vous connaîtrez quelle erreur vous abuse.

OCTAVIUS

Quoi! Madame

CORNÉLIE

Il suffit. Votre sincérité Peut jeter quelque jour en mon cœur agité, Seigneur. A Scipion l'amitié vous attache; 11 n'est point de secret, de penser qu'il vous cache Ne dissimulez rien, parlez, apprenez-moi S'il est vrai qu'il s'apprête à violer sa foi, Et que, malgré l'hymen, il ait compris ma fille Dans cette inimitié qu'il porte à ma famille.

OCTAVIUS

Madame, ses secrets ne me sont point connus. Mais il offrit toujours l'exemple des vertus ; Et quels que soient les maux que Sertipronie endure. L'en soupçonner l'auteur c'est lui faire une injure. Oui, du cœur d'un époux loin de vous défier....

Vous essayez en vain de le justifier.

Pour outrager sa femme et combler sa misère, N'a-t-il donc pas, Seigneur, l'exemple de son père? Il marche sur ses pas, je i)*en saurais douter.

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