‹ Œuvres dramatiques (volume 2)Chapitre 65 sur 363 · ACTE I, SCfelfB 11. III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCfelfB 11. III

Et jusqu'au l>out peut-être il prétend rimiter. Oui, je suis réservée à cette iguoroiniel

OCTAVIUS

Ah! pour le juger mieux examinez sa vie.

Ne voyez point ici le vengeur de l'Étal,

1^ héros appelé par Home au consulat

Avant lïigcoii nos lois souffrent tant de puissance;

l^aissons là Néphéris, et Carthage, et Nuniance,

Ces peuples, ces cités soumis ou contenus,

Tant de lauriers cueillis , tant d'honneurs obtenus:

Mais suivez-le dans Home> au sein de sa famille.

Vous connaîtrez alors tout l'éclat dont il brille.

Là le guerrier fameux, le fier triomphateur.

Aux plus douces vertus abandonne son cœur.

Déposant cette épée arbitre de la terre.

Il s'occupe à sécher les larmes de sa mère;

Pour ses sœurs , pour son frère épanchant ses trésors.

Du destin envers eux il répare les torts.

Voilà quel est son cœur. El voire voix Taccuse!

Ah! vos soupçons en vain chercheraient une excuse.

Elève de Polybe,ami de î.élius.

Il possède comme eux les plus rares vertus.

1^ voit-on se livrer aux voluptés de Rome?

Non ; ses plaisirs sont purs et dignes d*un grand homme.

Après avoir vaincu, c'est au sein des beaux-arts

Qu'il va se reposer des fatigues de Mars;

Et, des mœurs des Romains combattant la licence.

Du fruit de ses loisirs il enrichit Térence.

En un mot, le Destin se plut à le former

Pour soumettre la terre et pour s'en faire aimer.

Favorisé des dieux , il reçut en partage De leurs sublimes dons Tétonnant assemblage; Et Rome admire en lui, d'un œil respectueux. Le plus grand des mortels et le plus vertueux.

SEMPRONIE

Que m'importe, Seigneur, que chacun le révère , Qu'il soit le bienfaiteur de sa famille entière , Qu'on le cite en exemple à ses concitoyens; S'il poursuit ceux que j'aime et trahit nos liens? Ah ! ce n'est qu'à l'époux que ma plainte s'adresse. Moi seule je n'ai point de part à sa tendresse : Il est sensible , juste , esclave de sa foi ; Mais il a ces vertus pour d'autres que pour moi.

Ma fille, c'est assez : calmez ce trouble extrême.

Je verrai Scipion , lui parlerai moi-même ;

Je veux le ramener, ou finir votre erreur.

Et vous rendre aujourd'hui la paix et le bonheur.

SEMPRONIE

Comment aimer jamais l'ennemi de mon frère!

CORNÉLIE

Et vous, Octavius, secondez une mère.

Parlez à Scipion , préparez-le à me voir ; Dites-lui l'entretien que nous venons d'avoir : Je l'attends. Des chagrins qu'endure Sempronie, Qu'il vienne se laver aux yeux de Cornélie.

OCTA.VIUS.

Il suffit ; et pour moi vos ordres sont sacrés. Mais j'aperçois Caïus ; je sors.

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