SCÈNE III
CORNÊUE, SEMPRONIE, OCTWIUS, CAÏUS.
CAÎUS.
Non , demeurez.
Je ne viens pas ici troubler par ma présence Les doux épanchcments de la reconnaissance. Donnez un libre cours «^ vos remcrcîments, Livrez-vous sans contrainte à tous vos sentiments, Seigneur. Mais tout le peuple, en un jour si prospère, Devrait être avec vous aux genoux de ma mère ; 11 lui doit le bonheur de pouvoir faire choix D*un homme tel que vous pour défendre ses droits. Sans doute on le verra , dans nos prochains comices, En vous nommant tribun punir mes injustices. Vous venger de mes lois : vos services passés Méritent bien» Seigneur, d'être récompensés.
CORNÉMi:. •
Mon fils....
CAÏUS
Eh quoi ! toujours prenez- vous sa défense? Vous savez pour vos vœux quelle est ma déférence ; Mais faut- il avilir Thonneur du tribunal Jusques à respecter Tesclave du Sénat ?
OCTAVICS.
Caïus, on avilit Thonneur d'un rang suprême. Alors qu on ne sait pas se respecter soi-même. Puisque le peuple en vous revoit Tibérius , j
Imitant ses erreurs, montrez donc ses vertus. Il ne dégradait point son sacré ministère Par les emportements , l'injure , la colère ; Ce tribun, si fatal au bonheur des Romains, Soutenait noblement ses funestes desseins ; Jamais il ne franchit l'imposante limite Qu'aux débats du Forum la décence a prescrite. Tâchez de l'imiter , de marcher sur ses pas : Combattez-moi , Caïus, et ne m'insultez pas.