SCÈNE V
CAÎUS, SEMPRONIE.
CAÏDS
Comment fixer mes vœux irrésolus!
Ses désirs sont pour moi des ordres absolus. Mais CCS patriciens! ce Sénat que j*abhorre!... O dieux!
SEMPRONIE
Si mon époux te persécute encore , Si ma mère aujourd'hui ne le peut désarmer, Rien ne saura jamais me contraindre h Taimer.
CAÏUS
Ah ! ma sœur !
SKMPRONIE.
Peu m'importe un avenir funeste.
Dois-je te préférer celui qui me déteste ? Non ; je ne connais plus que toi , que nos liens ; Et tous tes ennemis sont désormais les miens. L'amitié qui m'anime avec nous prit naissance.
CAÏCS.
O souvenir touchant des jours de notre enfance! Tibérius vivait alors ! l'infortuné!
SEMPRONIE
Hélas!
CAÏUS
Indignement ils l'ont assassiné!
120 SCIPTON ÊMILIEN,
SEMPRONIE
Tu me restes encor !
CAÏDS
Souvenir qui m'accable!
Et je n'ai pas puni ce meurtre abominable! Mon bras n'est pas rougi du sang patricien ! Gornélie.... Ah! ma sœur laissons cet entretien.... Viens. J'attends Fulvius pour me rendre aux comices. A mes nobles désirs les Romains sont propices; Sans doute en ma faveur ils uniront leurs voix : Je vais être tribun pour la troisième fois !... Qu'il tremble ce Sénat dont l'orgueil nous offense î Oui , le bonheur de Rome ennoblit ma vengeance. Eu arrachant aux grands un injuste pouvoir, Je contente ma haine, et remplis mon devoir.
riW nu PREMIER ACTE.