I.r VICOMTF
Oui, quelques souvenirs de mon ancien métier. Je me suis occupé longtemps de politique. Sans titre officiel , agent diplomatique, J*ai parcouru l'Europe , et peut-être , en effet , Des intérêts des cours je suis assez au fait.
M. DE VERTEUII..
Mais, mon cher Saint-Laurent, excusez ma franchise,
A parler librement Famitié m^autorise :
Votre position ne se peut concevoir.
Vous avez de fesprit, des talents, du savoir;
Des secrets de FÉtat souvent dépositaire.
Vous pourriez être encore utile au Ministère ;
Mais de vous employer il semble peu jaloux ,
Je vois qu'il vous néglige et ne fait rien pour vous.
D*où peut naître un oubli qui m*étonne et m'irrite?
LE VICOMTE
C'est tout simple, monsieur : j'ai montré du mérite. On a craint les talents d'un modeste envoyé : Si je n'étais qu'un sot je serais employé.
M. DE VERTEUIL
Espérons qu'à la 6n on vous rendra justice.
LE VICOMTE
Oui, je touche sans doute à ce moment propice. 11. 31
322 LKS INTRIGANTS,
Vous savez mes malheurs, vous connaissez mes droits, Vous daignez m'accorder quelque estime, je crois; Sur vous, sur vos bontés permettez que je compte; Quand vous serez Ministre....
M. DK VERTEUIL.
Eh quoi! mon cher vicomte, De vos rêves encore allez-vous m'occuper?
LE VICOMTE
C'est en vain qu'aux grandeurs vous croyez échapper. Des talents, des vertus vous offrez le modèle; A ce poste éminent la France vous appelle.
M. DE VEUTFUIL.
Allons, vous êtes fou.
LE VICOMTE
Tout comme il vous plaira; Mais hientot au Conseil on vous appellera. Receveur-général , et vivant en province. Vos talents sont perdus pour l'État, pour le prince; Un semblable théâtre est trop étroit pour vous.
D'en changer cependant je ne suis pas jaloux.
LE VICOMTE
A sou pays, monsieur, dès qu'on est nécessaire....
M. DE VERTEUIL
Saint-Laurent, avec vous je dois être sincère : i^' La puissance et le rang ont pour moi peu d'appas, Je les crains, et pourtant je ne les fuirais pas.
LK VICOMTE
Allons doue !