‹ Œuvres dramatiquesChapitre 182 sur 346 · ACTE I, SCfeNK I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCfeNK I

M. OK VKRTKDII..

J ai peut-être un peu d'expérience; Et si jamais du roi laugustc conBaiicc Daignait me distinguer, m*élever au pouvoir. Je devrais me soumettre et remplir mon devoir.

LR VICOMTF.

Oui , Ton saura, monsieur, vous faire violence. Et nous vous nommerons bientôt Son Excellence.

M. DE VERrEDIL.

Puisse d'un tel malheur le ciel me garantir!

I,E VICOMTE

Pourquoi ?

M. UK VERTI-.UIL.

De mon état je tremble de sortir.

Mes jours s'écoulent tous sans trouble et sans envie; Tout concourt à la fois au bonheur de ma vie. Je suis riche, j'exerce un honorable emploi; Mes travaux, mes devoirs sont des plaisirs pour moi; Dans le dernier collège un suffrage unanime De mes concitoyens m'a témoigné l'estime; Au sein de ma famille également heureux. Mon nis, vous le savez, a surpassé mes voeux. Son esprit , ses talents font Torgueil de son père; £t pour que rien ne manque à mon destin prospère. Celle cnBn dont le ciel m'a rendu le tuteur. Ma nièce, ma Pauline est un être enchanteur. Que puis-je désirer? Mes projets s'accomplissent. Gomme je le voulais mes enfants se chérissent. Et les nœuds de l'hymen, qui doivent les unir. Vont bientôt assurer mon bonheur à venir.

£t j'abandonnerais cette heureuse existence

Pour aller du public essuyer l'inconstance !

Car d'un Ministre enfin quel est le triste sort?

Le premier jour chacun l'accueille avec transport ;

Il a du jugement, des vertus, du génie.

Chez lui l'expérience aux talents est unie,

C'est l'homme indispensable au bonheur de l'État !....

Mais d'un si beau début quel est le résultat ?

A peine sous le jong il a courbé sa tête,

Sur lui de toutes parts éclate la tempête,

Et chaque jour, en butte à des brocards nouveaux ,

Il est tympanisé dans cinq ou six journaux.

Me préserve le ciel de cet honneur insigne !

Non, ne redoutez pas ce traitement indigne: L'honnête homme d'ailleurs triomphe tôt ou tard. Mais combien je rends grâce au fortuné hasard Qui dans le même hôtel qui vous sert de demeure. M'a fait aussi descendre î Oui , pouvoir k toute heure M'instruire, m'éclairer par vos sages discours. De votre appui, monsieur, attendre d'heureux jours, Que de biens à la fois ce séjour me procure !

M. DE VERTEUIL

Trêve de compliments, mon cher, je vous conjure. Croyez qu'avec plaisir moi-même en ce logis J'ai retrouvé le fils d'un de mes vieux amis. Mais, vicomte, avec moi pourquoi tant de mystère? Tout trahit le secret que vous croyez me taire : Ma présence n'est pas ce qui vous charme ici; L'amour....

A<:TK 1, SCÊNK 1. Hft

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