L\ BARONNE, LE VICOMTE
LA BARONtlE.
Ah! c*est vous! Je brûlais du désir de vous voir. Ce qu'on m*a dit hier se peut- il concctoir? Quoi! Pauline....
LB VICOMTE
Est partie; oui, sa fuite est réelle.
Et ce matin , vicomte, a-t-on quelque nouvelle?
LE VICOMTE
Je ne vous dirai pas; je m'éveille à Tinstant.
LA BARONNE
Vous?
LE VICOMTE
D'agir sans retard il était important; Et j'ai passé dehors presque la nuit entière. De toute la maison , vous êtes la première Que je vois aujourd'hui.
LA B ABONNE
Mais cette nuit, comment Ou n'a pas obtenu quelque renseignement?
LE VICOMTE
Non; elle a pris sans doute un carrosse de place.
Verteuil , Eugène et moi , pour retrouver sa trace, Nous avons jusqu'au jour parcouru tout Paris ; C'est en vain, de son sort nous n'avons rien appris.
LA BARONNE
Cette fuite vraiment me semble inexplicable. De tant de fermeté qui la croyait capable? Si jeune, si timide!
LE VICOMTE
Oh ! la lettre d'hier A révolte son qpeur trop sensible et trop fier; Et son amour trahi , sa vanité blessée A ce moyen extrême aisément l'ont poussée.
Parce que son amant pour une autre a du goût , Se séquestrer du monde et renoncer à tout! C'est un enfantillage!
LE VICOMTE
Ah! VOUS trouvez?
LA BARONNE
Sans doute.
Quel homme vaut jamais les larmes qu'il nous coûte? Au reste ce départ est fort heureux pour moi : Eugène balançait à m'engager sa foi; Il n'hésitera plus, puisqu'il perd sa cousine. Oui, dût-on découvrir le séjour de Pauline, Elle a du caractère, elle ne voudra pas, Après un tel éclat, revenir sur ses pas.
LE VICOMTE
Eh bien?