ACTE 11, SCÊMK IV
FKADIlfAND.
(A|iart.) (Haol.)
Que lui dire ^ Ah ! cl avance c.\cu«ez-iiioi.
Là rOMTBSSI.
Qucnlrnclft-jc?
FERDINAIID.
J epit>iivc un embarras....
LA COMTESSK.
' Qui nie parait étrange.
Ah! parlez, monsieur.
FKRIIINAND.
Oui , comtesse, il faut parler; Il n est plus temps ici de rien dissimuler : L<; péril m'environne, et la douleur m'accable. Mais croyez qu'envers vous je ne suis point coupable. Mon père à mon insu vous engagea ma foi ; Sans m'en avoir instruit il disposa de moi ; Et ce n'est qu'en ce jour, ici, dans l'instant même. Qu'il m'a signitié sa volonté suprême.
LA COMTESSE
Ciel ! que m'appix*nez-vous ? Eh quoi, le président N'a pas craint d'employer ce détour imprudent? Quoi ! lorsqu'cn votre nom....
^ FEROIlfXllD.
Je l'ignorais, madame.
El puisqu'il faut enfin vous dévoiler mon ame. S'il m'avait consulté....
LA COMTESSE
Je comprends ; vos refus li'auraient dissuadé....
56 L'INTKIGUE ET L'AMOUR,
FERDINAND
Vous me voyez confus; Madame, épargnez-moi r peut-être ma franchise....
LA COMTESSE
Je dois être en effet offensée et surprise. Vous refusez ma main!... mais puis-je au moins savoir Les motifs de l'affront qu'il me faut recevoir? Oui, ce sont des aveux oii l'honneur vous obHge.
FERDINAND
Dispensez-moi, de grâce....
Ah ! parlez , je l'exige.
FERDINAND
Ma honte et ma rougeur vous en disent assez.
LA COMTESSE
Ëxpliquez'vous, monsieur.
FERDINAND
C'est vous qui m'y forcez.
Ne me reprochez rien si mon discours vous blesse. De votre sang, madame, on connaît la noblesse; Chacun admire en vous des charmes séducteurs , Les grâces de l'esprit, des talents enchanteurs; C'est peu de la beauté qu'en vos traits on adore. Celle de votre cœur est plus parfaite encore; Et, lorsqu'à vos bontés le malheur a recours, 11 obtient un appui , des soins et des secours. Vous possédez, objet et d'amour et d'envie. Tout ce qui d'un époux peut embellir la vie : Oui, je vous rends justice, et j'aime à vous louer. Madame. Mais enfin, puisqu'il faut l'avouer.