‹ Œuvres dramatiquesChapitre 29 sur 346 · ACTE II, SCÊWE IV. SI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÊWE IV. SI

Pour vous de notn* maître on connaît la tendresse ; Et je ne puis du prince....

LA COMTKSSK.

Épouser la maîtresse?

Achevez, Ferdinand.

FKKDIIfAMD.

Vous avez exigé....

LA COMTESSE

Enfin , il est donc vrai , je vous ai bien jugé !

FFBOIIfAlfD.

Comment?

LA COMTESSE

Vous avez droit à toute mon estime.

FEHDINAND.

Madame....

LA COMTESSE

Je le vois, Thouncur seul vous anime.

FFJIDINAND.

Qu*entends-je?

LA COMTESSE

Oui, tel était, major, votre devoir; Oui, vous avez rempli mes vœux et mon i*spoir.

FERDINAND

Cet étrange discours....

LA COMTESSE

Vous étonne peut-être?

Eh bien , écoutez donc, et vous m'allez connaître. Veuve depuis un au, dans Tâge des plaisirs.

N'ayant connu jamais que de tristes loisirs, Et du monde ignorant les attraits et les vices, Je parus à la cour. Ce séjour de délices, Je Tavoûrai, bientôt sut enivrer mes sens; En tous lieux du plaisir j'entendais les accents, Partout je rencontrais des hommages, dos fêtes, Je voyais chaque jour s'étendre mes conquêtes, On vantait à l'envi mes grâces, mes appas. Le prince même enfin s'attacha sur mes pas. Pourquoi vous le cacher? jeune, inconsidérée, Je trouvai du bonheur à me voir adorée; Mon orgueil imprudent fut en secret flatté Des soins qu'un souverain rendait à ma beauté. Tout conspirait, hélas! contre mon innocence: Les courtisans soumis adoraient ma puissance , Chacun de mes désirs leur semblait une loi , Les grâces, les faveurs, tout dépendait de moi. Ainsi, sans réfléchir, je courais à ma perte; A la séduction mon âme était ouverte.

Un ami de mon père, un vertueux vieillard, Vint à moi, fut sincère.... il n'était pas trop tard ! 11 me dit les soupçons répandus sur mon compte. Que mon crédit passait pour le prix de ma honte. Que, par mon imprudence affermissant ces bruits, àjJDe ma conduite enfin je recueillais les fruits, L'opprobre, les dédains de toute une province!.... Confuse, hors de moi, j'allai trouver le prince; Mes larmes, mes sanglots, mon désespoir affreux Parvinrent à son cœur sensible et généreux; Il comprit ma douleur, hélas! trop légitime;

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