ACTE III, SCÈNE X
MILLER
Monsieur le président !...
LR PRÉSIDE NT.
Oui, je vous oubliais , Vous qui favorisez des ardeurs si parfaites ; Je vous garde le prix du métier que vous faites.
MILLER
Le métier !... nous flétrir!... nousarracher Thonneur !... Et moi , je vous déclare un calomniateur.
LE PRl^SIDENT.
Quoi! vous osez....
LOUISE
Grand Dieu!
MADAME RONSBERG.
Vous nous perdez, mon frère.
MILLER
Un calomniateur, je Fai dit.
LE PRÉSIDENT
Téméraire!...
MILLER
Oui, je suis pauvre, obscur, vous pouvez m'écraser; Mais tout votre pouvoir ne saurait m'imposer. Non, mon sort doit plutôt exciter votre envie; Je compte soixante ans d'une honorable vie, Au sentier du devoir je fus toujours constant, Et vous ne pourriez pas peut-être en dire autant.
LE PRÉSIDENT
Malheureux! sai^tu bien qu'une telle insolence....
FERDINAND
Vous recueillez le fruit de votre violence ; Et devant des valets....
LE PRÉSIDENT
C'est trop tarder enfin ; Il faut agir. Wilhelml
( Il parle bas à un valet. ) FERDINAND.
Quel est donc son dessein ?
LE PRÉSIDENT
Qu'ils montent à l'instant; allez qu'on m'obéisse.
(Le valet sort.)
Oui , qu'ils soient tous livrés aux mains de la justice.
FERDINAND
O ciel !
LE PRÉSIDENT
Leur châtiment ne peut être trop prompt.
(AMiUer.)
Tu pleureras longtemps un si cruel affront.
FERDINAND
Comment ! vous oseriez....
LE PRÉSIDENT
Non , non , point d'indulgence ; Je les veux accabler du poids de ma vengeance. Et quant à cette fille, objet de ton amour, Mes ordres et les lois ont marqué son séjour : Tu vas l'y voir conduire.
LOUISE
O mon Dieu, je t'implore!