‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 109 sur 391 · SCÈNE IV. 13S · texte numérisé non relu

SCÈNE IV. 13S

Quel bruit? c'était ici! — Cela me tinte encor Dans l'oreille. On eût dit...

(Il va voir par une fente de la cloison ; Ludwigh est en train de ramasser les pièces d'or.)

Oh! que d'or ! loul cet or!

Tous ces florins épars! et comme il les ramasse!

BEnTIlE, dans son sommeil, r^a faulx!..

nUBEUT.

Qui parle ici ?

I.VDWIGH , après avoir mis sa ceinture sous la paille se met h prier.

Vous tous, anges de grâce , Couvrez-moi de votre aile! Et toi, Jésus, mon Dieu, I.orqu'au monde jaurai dit le dernier adieu. Verse sur mes tourmens comme une tiède ondée, Ton sang pur, dont jadis fut la terre inondée ! J'ai , comme toi , porté ma croix. — Que , de mes maux , Le terme soit aussi dans l'éternel repos !

(Il reste agenouillé et semble prier à voix basse.) nERTBE , de même. Mon enfant! mon enfant!

hubeut.

11 faut que je l'éveille ; Cela fait mal. —Ici , voilà comme on sommeille !

(La réveillant.) Berlhe! Berthe !

uerthe , se levant sur son séant.

Hein ! quoi donc ?

HUBEBT.

Tu parlais en dormant.

BERTHE

Moi?

HUBEBT.

Quelque mauvais rêve.

BERTHE, lui donnant sa main.

Oh ! oui ; vois seulement.

HUBERT, à Berthe, en prenant sa main.

Glacée! oui, comme moi, comme un homme dont l'heure Est déjà pioche! — Et dire : Il faut qu'un homme meure Faute d'un peu d'argent !

BERTHE

Tu parais tout troublé.

Qu'as-tH?

Rien... Oh ! cet or! Qui sait? quelque or volé !

BERTHE

Tu parles d'or.

HUBERT

Oh ! oui , là-bas , par cette fente , Tout à l'heure, j'ai vu...

BERTHE

Quoi?

HUBERT

Cet or me tourmente.

Il est riche , va , lui !

BERTHE

Sans doute, il nous l'a dit.

HUBERT

Son histoire de legs... n'est-ce pas?..

(A part.)

Un bandit!

Des legs volés!..

(Dans ce moment, le clou où Ludwigh avait suspendu son bagage se courbe , et tout tombe.)

BERTHE

Hubert!

HUBERT

Hein !

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