SCÈNE IV
BEnTIIE.
Qu'est-ce donc qui tombe?
HUBERT
Je ne sais pas...
BERTRE
Ici , c'est comme en une tombe , Tout effraie. — On n'entend que de sinistres bruits.
HUBERT
Tu dis bien !.. une tombe, où demi-mort je suis.
LUDWIGH.
Ah ! mon bagage est lourd plus que dans ma jeunesse. Oui, le clou s'est courbé. — Voyons, qu'on te redresse. Vieux camarade. (U remet le clou.)
BERTHE
Hubert , tu n'entends pas ?
HUBERT, haut, près delà cloison.
Eh bien ?
BERTHE
On cogne, maintenant. — Que fais tu donc là? HUBERT, regardant par la fente.
Rien.
(Dans ce moment, par l'ébranlement causé ît la cloison , le couteau tombe aux pieds de Rerthe , qui recule épouvantée.) BERTHE.
Ah ! le couteau qui tombe !
HUBERT, profondément occupé , revenant de regarder à la fente. Oui , l'on pourrait le faire.
BERTHE , épouvantée de l'air de son mari. A quoi donc penses-tu ? quel effrayant mystère S'agite au fond de toi ?
HUBERT
Laisse-moi réfléchir.
LUDWIGH, qui vient de se coucher.
liC sommeil vient. — Demain, puissé-je te fléchir.
136 LE VINGTQUATKE itVRlEll.
0 mon père! De moi, que l'étoile fatale Se détourne! — Salut, 6 ma terre natale !
(II s'endort.)
HUBERT
Berthe, cet étranger m'a dit, ainsi qu'à loi, Qu'il était meurtrier. — Donc, il est hors la loi.
BERTHE, épouvantée.
Eb bien?
HUBERT
Chacun, alors, a le droit de lui prendre Ses biens, son or...
BERTHE
Hubert!
HUBERT
Bien loin de le défendre, Toute loi le permet , — et même le prescrit.
BERTHE
Par le saint Rédempteur !
Oui; bien plus, la loi dit De le tuer. — Je puis le faire , moi. Personne N'aïu'ait à souiller mot.
BERTHE
Que le ciel te pardonne !
Mais c'est affreux , affreux !
HUBERT
Mon Dieu! pourquoi crier?
Ferais-je cela , moi ? — Mais , voir ce meurtrier Cousu d'or; et demain, qu'il faille, dans l'abyrac , Me jeter... quand je puis m'en racheter sans crime, Sans crainte; quand je n'ai pas un risque à courir; Mais tu veux que je meure. Eh bien ! je puis mourir.
BERTHE
Mourir! mon Dieu! mon Dieu! mais voler, c'est infâme!