‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 179 sur 391 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

CHRAMNE, HALDA.

HALDA, se parlant à elle-même, pendanique Chraïutie regarde

Arcadius s'éloigner.) Oui, voilà quelles sont les choses qu'on médite! Allons. Plus (k Taihlesse, Halda.

CHRAMNE, revenant à elle.

Pour notre fuite, Tu vois, tout se dispose ù merveille. Suis moi, Viens vite...

(Voyant Halda se diriger du côté opposé à l'église^) Où vas-tu donc?

IIALDA.

Ah! c'est plutôt à loi Qu'il faudrait demander : Où vas-tu? Mais, écoute : Chlolaire doit par là passer bientôt?

CilRAMNli:.

Sans doute; Au pied de ces hauteurs, tu sais qu'on nous l'a dit.

IIAI.DA.

Voici ma route, alors.

CHRAMNE

Comment ! perds-tu l'esprit?

Que veux-tu faire ?

UALDA.

Aller vers lui.

CHnAMNF:.

O'.ti, lui? mon père?

HALDA.

Oui, Chramnc , et lui livrant la cause de la {,'ucrrt'. De la sorte empocher mon époux et soigneur

226 CHLOTAIRE I.

U'avenliirer pour moi sa vie et son iioiineur.

CIIRAMNË.

Te livrer! mais, c'est là, grand Dieu, de la démence !

HÂLDA.

Moins grande que la tienne, alors qu'à sa puissance

Tu te veux attaquer une seconde fois;

Toi quil vainquit déjà pourtant, toi que je vois

Plus que Jamais, hélas! pencher aux bords du gouflre.

CIIRAMNE.

Te livrer! mais, d'abord, crois-tu que je le soutire? Ne sais-tu pas quel estChlotaire? Réponds-nioi; Dis...

HALDA.

Je sais que Chlotaire est ton père et ton roi ; Et de quelque façon, alors, qu'il nous opprime. Que pour loi. la révolte enferme un double crime. Voilà ce je sais, voilà, mon noble époux, (>e qui me fait ici tomber à tes genoux. — Hélas! quand tu m'aimas, il l'en souvient peut être. Fille encore, et joyeuse en le voyant paraître. Moi, te débarrassant de ton grand bouclier. Alors je m'écriais : C'est lui, mon beau guerrier! Le plus noble parmi les hommes de sa race ! Le cœur le plus loyal qui soit sous la cuirasse ! Oui, Chramne. Et maintenant, ce rang d'homme loyal, Y dérogeant, pour moi, comme fils et vassal. Toi, doublement ainsi tu souillerais ton âme ! Ah! laisse-moi plutôt, moi, ta fidèle femme...

CHRAMNE

Aller à la mort!

UAI.DA.

Non; mais, en le suppliant.

Fléchir ton père.

CHRAMNE

Dis, en te sacrifiant.

Le fléchir, pauvre femme! Est-ce que c'est possible? Crois-moi, jo le connais ; c'est un homme Icmi ii)le.

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