‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 194 sur 391 · ACTE IV , SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV , SCÈNE IV

Car, nous étions amis, alors. Depuis...

BERTOÂLD.

Ce fut Un ennemi pour vous.

CIILOTAIUK.

Lui? non; mais, il mourut.

(Se levant , et avec un grand éclat de voix. )

Oh ! la race terrible et sans frein que la nôtre !

De tant de rois, sans cesse armés l'un contre l'autre ,

Que reste-t-il? — où sont maintenant, Childebert,

Chlodomir et les siens, Thierry, Théodebert?

Disparus! et comment? Dieu le sait. — Mais, qu'importe?

Les ayant vus agir entre eux de même sorte,

Dois-je me reprocher ce qui m'a fait seul roi?

— Au fond, je fus pour eux ce qu'ils éiaient pour moi.

Nous avions tous si bien appris à nous connaître!

Seulement, j'eus la main plus rapide peut-être.

C'était h qui prendrait, et je pris tout. — Mais, lui,

Chramne, deux fois vouloir me détrôner ! celui

Qu'entre tous j'aimais; lui, dérision suprême !

En qui l'aimais, surtout, me retrouver moi-môme !

Hélas! je ne m'y suis (jue trop bien retrouvé.

BKRTOALD.

Par su faute, pourtant, tout n'est pas arrivé. Mon souverain. Songez que le duc Villiachaire A pu, par ses conseils...

CHLOTAinE.

Le pousser à la guerre, Veux-tu dire ? parfois, je me le dis aussi; Mais, crois-moi, son premier conseiller, datis ceci, Fut surtout un désir efl'réné de puissance.

UERTOALl).

H n'importe; essayez eucor de la clémence; Essayez; et je suis certain que désormais Il vivra près de vous loyalement.

(.IlLOTAinb.

Jamais.

2Û/J CHLOTAlUi: I.

(Juoi ! iiet'ai-je pas dit qu'en toul il me icsscinblc?

Comment, alors, veux-lu que nous vivio;)s ensemble '.*

Non, non. La Gaule est trop étroite pour nous deux.

Il recommencerait, le dis-Je; il est de ceux

Qui veulent toutou rien; digne enfin de son père!

Tel qu'il me fut prédit par ma mèie ! — Ma mère ,

Qui me prédit aussi que, malgré son forfait.

J'aimerais ce rebelle, et je l'aime, en effet!

Oui. Que l'en semble , ami? Cela, — Dieu nous protège! —

Ne le seinble-l-il point tenir du sortilège;

Que moi, Chlotairc, après tout ce qui s'eu passé ,

ÎMoi, qui pardonne peu quand je suis offensé ,

Que moi, dis-je, sachant qu'une première grâce

Ne lit que l'enhardir dans sa coupable audace,

Sachant de plus qu'il n'a nul remords de cela ,

Que moi, pour un tel traître-, enfin, sente encor là,

Dans ce cœur si long-temps sans trouble et sans faiblesse,

Murmurer je ne sais quelle étrange tendresse ?

Qu'en dis-tu ? Je devrais le punir, me venger !..

Allons, encore un coup, je n'y veux plus songer.

Aussi bien, le sommeil me calmera peut-être.

Veille, cher Berloald , au repos de ton maître.

Veille. Je vais tacher de sommeiller un peu.

(A Berloald et aux autres Francs en se dirigeant tristement vers

le coteau. ) O vous tous! je le dis encore ; priez Dieu De n'avoir point de fils !

{Il s'est jeté sur la peau d'ours et s'y élcnJ pour dormir ; pen»

daiUce temps, Rcrtoald, à part, répondant à ce que vient de

dlieClilotaire.)

IIERTOAID.

Oui , phrase bien trouvée, Chlotairc , et que ta mère eût surtout approuvée.

THliOUoniC , un des l'rancs.

Berloald ?

nEnroAi.D.

Hein?

TiiÉouonic.

Sais-tu ce (pi'a ce soir le un?,.

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