ACTE IV, SCÈNE IV. 2!ii
HKRTOAi.U, l'interrompant.
Silence! — S'eiulort-il?
TlIKODORlC, allant voir s'il s'endort, puis revenant. Il s'assoupit, je croi...
UKRTOALD , à voix l)asse.
Qu'il dorme en paix! voilà ce que je lui souhaite. — Ce qu'il a, <lisais-lu ? rien. Une ancienne dette Qu'il comiiience à payer.
TIIÉODORIC.
Comment?
nKRTOALD.
Parle plus bas.
(Regardant avec inquiétude du côté de Chlotairc; puis, s'adrcs-
sant à Tliéodoric. ) Ëh! oui, qu'il paie aux morts. Ne me comprends-tu pas? Jadis, ce qu'à sa mère il causa de souH'rance, Comme père il le paie aujourd'hui. — Mais, silence ! 11 parlait, ce me semble.
(Lui montrant Clilotaire qui s'agite dans son sommeil.) Et tiens.
TMÉODORIC.
Oui , oui, je vois.
HERTOAI.U.
S'il s'éveillait!.. Malheur à qui surprend les rois Dans de pareils réveils ! — Viens.
(Tous deux se retirent dans le fond ainsi que les autres soldais francs et causent entre eux à \o\\ basse.)
UNE VOIX, dans la cal)ane, au-dessus de Chlotairc endormi.
Ghiotaire ! Chlotaire !
Me connais-tu?
Clll.OTAIRE , d'une voix éloufTéc dans sou sommeil et les bras étendus en avant comme pour repousser un ol)Jet terrible. Va-l'on !
246 CHLOTAIUE I.
LA. VOIX
Souviens-toi de ta mère.
CHLOTAIRE, de même.
Laissez'moi !
Oh ! grâce
LA VOIX
Reconnais tes neveux égorgés.
CIILOTAIRE, de même.
LA VOIX
Aujour prédit , les morts seront vengés Par Chrarane et par les siens. — Souviens-toi ! CHLOTAIRE, se réveillant brusquement et plein de terreur.
Qu'on me donne Ma francisque. — Tous trois étaient là. — Je frissonne ! — Oui, tous trois, là !
(Croyant voir de nouveau les apparitions qu'il a vues en songe.) Quoi donc! encore!
(S'enfuyant, l'épéeà la main, terrible et les clieveux droits.)
A mon secours !
A l'aide! à moi, mes Francs!
DERTOALD, suivi par les autres Francs qui, aux cris de Clilotaire , se sont pcncliés , écoutant.
Qu'est-ce, seigneur ? j'accours.
CHLOTAIRE , sc mettant au milieu d'eux et indiquant derrière lui, sans oser regarder.
Entourez-moi bien tous. — Me suivent-ils encore ? Chassez-les.
BERTOALD.
Les chasser, mon souverain ? J'ignore Ce que vous voulez dire.
CHLOTAIRE.
Ah! oui! vous l'ignoroz !
Comment donc tous les trois, alors, sont-ils entrés? Vous, soldats négligens, pendant que je sommcillo . Est-ce ainsi, répondez, est-ce ainsi que l'on veille? ( Leur indiquant la caltanc. )