ACTE V , SCÈNE H
IIALDA, y tombant plutôt qu'elle ne s'y assied. Ah! dans la mort plutôt! là seulement, sous terre!
CIILODOALD.
Non ; mais sur Téternel appui de la prière. Là, seulement, pour vous, est la chrétienne paix Que Dieu même aux pécheurs ne refusa jamais. Là , seulement.
(Levant les yeux au ciel.) Et toi , Rédempteur que j'atteste , Toi , doux consolateur, cher Christ , ami céleste , Qui , jadis , dans mes maux , me tendis seul les bras , Ab ! n'est-ce pas, réponds, que tu m'accorderas De verser dans le cœur de cette infortunée Un peu de cette paix que toi seul m'as donnée ! Il vous l'accordera , ma lille , vous verrez ; Et, comme moi, son prêtre, alors vous sentirez Que, pour vous consoler, en celte rude épreuve. Ce Dieu dont je vous parle est l'époux de la veuve; Et que, par lui, les (ils que vous croyez perdus. Pour essuyer vos pleurs, sont deux anges de plus.
(Halda pleure. Chlodoald continuant.) Vous pleurez. Eh bien! oui, parfois pleurer soulage. Mais vous désespérer ! perdre ainsi tout courage! Ah! que le crime seul n'espère nul repos! Comme Chlotaire , enfin , auteur de tous vos maux , Lui qui, vous le savez, partout sur cette terre. Va traînant ses terreurs.
IIALUA.
Les terreurs de Chlotaiie !
CIILODOALD.
Sans doute l'on a dil vous dire comme à ntoi , Quel changement s'est fait en lui : que fou d'effroi , Il court, en furieux, les bois , les hautes cimes: Et sous l'oppression terrible de ses crimes , Comme pour rejeter au loin son àme aux vents , Partout mêlant sa plainte au choc des ouragans , Qu'on l'a vu...
266 CHLOTAIRE I.