ACTE I, SCENE VI
Plus long-temps que Robert, Dunkan ne doit pas vivre. C'est pour cela qu'ainsi tu viens toutes les nuits. Allons, marche en avant, mon frère, je te suis.
FERGUS, bas, à Mac-Dougal.
Que dit-il?
MAC-DOUGAL
Je ne sais... Parlez-lui —
FERGUS, d'un côté de Dunkan.
Mon bon père.
MAC-DOl'GAL, de l'autre.
Comte...
DUISKAN, qui commence à perdre l'espril. Hein ! vient-il déjà ?
MAC-DOUGAL
Qui? Monseigneur.
DUNKAN.
Mon frère.
MAC-DOUGAL
Son frère!
DUNKAN.
Eh bien ! Pourquoi me regarder? Pourquoi?.. — S'il est là tout sanglant , est-ce ma faute, à moi ?
FERGUS
Dieu! sa raison s'égare...
DONALD, qui s'est rapproché.
En effet, — et, peut-être...
Je crois qu'il est urgent d'aller chercher un prêtre.
FERGUS , avec une sorte de colère.
Ah ! vous croyez...
DONALD, l'interrompant.
Qu'il peut tout perdre d'un seul mot.
(A«x Seigneurs.) Un prêtre !.. un médecin! courons tous au plus tôt, Mes amis. —
(Se saisissant d'im flambeau et le remettant à Fergus.) Vous, testez. —
(Bas.) S'il en dit davantage, Il peid, lui son honneur, et vous, voire héritage. Ainsi, que nul ne puisse entrer!
(II sort avec les seigneurs.)
;scÈisE Vil.
DUNKAN, FERGUS.
FERGUS, après avoir fermé machinalement la porte. Ne puisse entrer!..
(Puis il revient vers son père, et pose le flambeau sur une table.) UUNKA.N, frissonnant à la clarté du flambeau. Emportez ces flambeaux!.. Pourquoi me le montrer? Rabattez, rabattez son drap sur sa figure... Tenez... comme, soudain, s'élargit sa blessure... Voyez-vous ? L'assassin vient donc d'entrer ici ? L'assassin! Eh bien! oui... regardez... le voici: Son lils ! et tout sanglant auprès de sa victime ! Au lieu que moi... Qui peut m'accuser de ce crime? Pas de sang à mes mains.
FERGUS, qui l'a écouté avec une stupéfaction terrible. A ses mains ! — Juste ciel î Oue veut dire?..
DUxNKAN, continuant.
Lui seul. Seigneurs, est criminel...
Lui seul!.. — Hein!., qu'est cela? Ce mort lève la tcie... Peut-il parler?,, peut-il... Oh! grâce! grâce! arrête! J'avoîirai...
l' ERG us.
Quoi? grand, Dieu?