ACTE III , S(:E^E IV. 33S
Et, certes, méritant sa veuve!., bon seigneur !.. Heureux choix, sur mon âme!., honnêtes Gançailles, Qui semblaient raviver le sang sur les murailles!
EDMA.
Randolph, au nom du ciel!...
RANDOLPH , terrible.
N'invoquez pas le ciel...
Je vous dis que ce fut un acte criminel , Un acte impur dont rien ne peut laver la honte. Un acte dont j'ai droit de vous demander compte. Vous m'avez cru mort... soit... vous pouviez m'oublier... Qui se souvient des morts?.. Et vous remarier; Mais n'éiait-il enfin d'autre homme sur la terre, Que l'héritier du lâche assassin de mon père? Qu'un vil larron d'honneur, bandit seigneurial; Oblique usurpateur!.. Allez, allez, c'est mal... Par les saints!., qu'une femme aille sur le corps même D'un mari , se livrer au meurtrier qu'elle aime. Cela d'abord pourra sembler pins monstrueux. Plus effrontément vil , plus effroyable aux yeux , Mais ce ne sera pas, dans le fond, plus infâme! EDMA , tombant à ses pieds.
Assez!., n'écrasez pas davantage une femme Qui prie et se repent, et tombe à vos genoux. Pitié, Seigneur!
RANDOLPH , d'une voix sourde.
Allons , c'est bien... relevez-vous.
EDMA.
Lorsque vous m'accablez de paroles amères ! Uh ! laissez-moi d'abord vous lléchir... Vos colères Sont terribles, Randolph... Mais lorsque vous verrez Ma douleur suppliante à vos pieds , vous direz : Ton repentir l'absout, Kdma, je te pardonne.
RANUOLPn, se radoucissant.
Soit... levez-vous, pourtant, Madame... je l'ordonne,
EDMA , se relevant.
J'obéis; mais parlez... auraije mon pardou?
SS/» I.'HÉIUTAGE 1)1 MAL.
Vous détournez les yeux... me répoiulrez-vous iioii'^ Quoi! rien... pas un seul mot... Vous me déchirez l'âme, iMonscigneur... Voire main?
UANUOi.PH, lui abandonnant sa main et se détournant pour cacher quelques larmes.
Ah ! Madame ! Madame !
Kdtna , vous m'avez fait souffrir cruellement.
EDMA.
Kt moi , sur celle main , je fais ici serment Oe réparer ma faute... Encore une prière Seulement... une grâce encore... la dernière.
RANDOLPH
Une grâce !
EDMA.
Écoutez... Ce sol où vous voici.
Pensez-vous qu'il soit sûr d'y demeurer ainsi ? N'êtes-vous pas perdu si quelqu'un vous découvre?
RANDOLPH, défiant.
Eb bien ?
EDMA.
Eh bien ! pourquoi , quand ce monde vous ouvre Tant d'abris plus certains, ne pas chercher ailleurs Et l'oubli de vos maux et dos destins meilleurs? Loin de ce sol fatal , berceau de vos souffrances , Toute autre terre est bonne aux bonnes consciences , r':t pour moi , je dirai qu'un tel exil m'est <loux, Si j'obtiens de pouvoir y suivre mon époux.
RANDOI.PH, étoni»<5.
Me suivre !
EDMA.
Oui, Monseigneur.
RANDOLPH
Vous voudriez me suivre?
Kl) MA.
Où vit l\andolpIi, \'An\,\ ne doil-elle pas vivie ;