SCÈNE PREMIÈRE
MAUBRAY, MARIA, PIERRK.
MAUBRAY, à la porte du fond, à Pierre. Aiiends, Pierre.
(A Maria.)
Ainsi donc, mon absence, hier soir.
Elle n'a point eu l'air de s'en apercevoir? Elle ne l'a rien dit?
MARIA
Pas le moindre mot.
MAUBRAY
Diable !
MARIA
De plus, je le répète, une humeur eflroyabic. Jamais je ne la vis si maussade.
MAUBRAY
Vraiment!
Le motif?., quelque ennui d'iiier, probablement.
MARIA
Votre absence, est-ce pas?..
MAtBRAY.
Tu te moques, mauvaise!
Mais, voyons, franchement, penses-tu qu'on lui plaise?.. Que mes rivaux aient lieu d'espérer plus que moi? — Tous deux étaient, hier, chez elle, que je croi.
MARIA
Tous deux.
MAUBRAY
Et Blancion, qu'a-t-il dit? rien, je pense.
MARIA
Comme toujours : — gardant un farouche silence , La main dans son gilet, dévisageant chacun, Et grave, dans son coin, comme un poète à jeun.
MAUBHAY.
Bien. — Mais l'autre, réponds, notre exquis fashionable. Tu sais, le voltigeant, l'odorant, l'incroyable. Ce beau, qui toujours lorgne et minaude et sourit. Monsieur de Platigny, réponds, n'a-t-il rien dit?
MARIA
Lui ! — Rien. 11 a parlé.
MAUBRAY
J'entends, pour ne rien dire.
Donc, ses discours...
Dn vent.
MAUBRAY
Son esprit...
MARIA
Un sonriro.
MAVBRAY.
C'est clair, esprit du monde, en un mol. — Et c'est tout?..