‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 311 sur 391 · SCÈNE VI. Û · texte numérisé non relu

SCÈNE VI. Û

Dans quelque bon cachot, quelque l)omie masure, Sans pain, avec leurs vers pour toute nourriture. -- Voilà ce que je dis.

MAUBRAY

Et c'est bien dit.

(A part.)

Ma foi !

Enferré, pour le coup!

(Haut.)

Je pense, quant à moi, Qu'on ne saurait conclure avec plus d'éloquence.

lIÉLÉiNA, se levant, et d'un ton fort piqué. Ni d'un pareil roman mieux prendre la défense.

MAL'BIIAY, se levant aussi, et d'un ton ironique. Que voulez-vous? Monsieur est l'ami de l'auteur. Peut-être.

BLANCION.

Non. Monsieur. — Monsieur n'a pas l'honneur D'être ami de l'auteur, mais Monsieur voudrait l'être.—

MAUBRAY

De l'auteur!

PLATIGNY, ayant entendu les derniers mots, se rapproche. Quel auteur?

MAUBRAY

Quel?

PLATIGNY.

Je dois le connaître.

Auteur de quoi?

De quoi .'' Vous n'écoutiez donc pas ?

PLATIGNY.

Moi? si. —Que disiez-vous? Je solliais tout has Ccsolo dans le vrai.

!i\ti LE PSEUDONYME.

(Montrant un des cahiers de musique qu'il a trouvés sur le piano.)

— Ce qui m'a pu distraire, — Montant au do troisième, et dans lequel, j'espère,

(Il regarde Blancion, qui lève les épaules.)

Sans fausser, cependant, pouvoir être entendu.

HÉLÉNA

Oh bien ! s'il est ainsi, vous avez fort perdu, Et retrouverez peu d'éloquence pareille A celle dont Monsieur régala notre oreille. Non pas qu'il ne vous reste un dédommagement , Certes, et c'est de lire au plus tôt le roman Dont exaltait Monsieur les grâces singulières. Roman fait pour charmer de toutes les manières! Dont le titre, à lui seul, atteste le bon goût: Aventures de Jean. — Livre parfait en tout, Tel enfln que Monsieur et moi nous ferions gloire De connaître l'auteur d'une œuvre aussi notoire.

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