ACTE IF. Û
(le tjioilleurs sontimens. — i-loueu-a. Celle chambre? Je n'y enticrai pus ; je n'y veux pas enlrer. — jaco». Vous y entrerez, ma (ille, el de plus, vous n'en sortirez pas. J'aurai d'ailleurs pour vous toutes les attentions imaginables ; le père Bonini vous y visitera de temps en temps; Cliitlietlo aura soin de pourvoir à vos repas, el ainsi abandonnée à votre excellent naturel, vous accéderez, j'en suis certain, à ce qui ne peut que faire votre bonheur, ma lille. — Mon malheur éternel, plutôt! Seigneur Dieu, ayez pitié de moi, car je suis bien malheureuse ! — Vous me fendez le cœur, mon enfinit. Bonini, mon ami, je vous en prie, parlez-lui. Est-ce ainsi que vous reconnaissez me» soins, Florella'P Allons, retirez-vous; vous me déchirez l'âme, (il la prend par le bras et la fuit entrer avec liouini dans là petite chambre; puis, il ferme la porte sur eux.
ciiiciiETTo (entrant). Le seigneur Foule est là, Messer.
— Fort bien ; introduis-le. Deux mots auparavant. — J'écoule. — Chichetlo , tu porteras toi-même ses repas à ma chère nièce; mais, peu de chose, entends-tu, peu de chose. La nourriliue entretient l'obstination. — Oui, Messer, comme pour votre première femme. — Justement, Chichetlo. Fais entrer niainienaiit. (chiclietio \a|)oiir sortir.)
— JACOU. Chichetlo, j'ai réiléchi : tu ne lui en porteras presque pas, même pas du tout.... pendaiit un ou deux jours seulement. Je pense que cela la domptera. Va maintenant. (Chichetlo sort. Foule esl introduit.)
Le contlolUcrc parviL'nt 5 faire signer un Irailé au vieux Jacob; puis, une fois maître de la signature du l'usurier, il offre (le la lui rendre pour la modique somme de trois cent mille sequins. En un mot, comme l'avait fort bien prévu le père Bonini, Foule veut rester fidèle à la seigneurie ; mais , comme il avait besoin de quelques fonds, il n'a pas cru que ce fût un grand crime de se les procurer en dupant un fripon. Procédé (jul n'est pas lout-à-lait d'accord avec la morale, n'est-ce pas? Pour surcroît de peines, Lodovico, mis au courant de tous les détails de sa filiation par Giovina , vient réclamer l'héritage do sa mère. Il est fils de Luigina Grimaldi, première femme de Jacob. Six mois après sa naissance, il fut enlevé par le célèbre corsaire Huerla dclUi Mucrlc ; mais il se trouva que ce corsaire
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eut pitié de lui, et lui servit de père pendant dix ans. Dénégations de Jacob, malgré le cri de sa conscience, malgré la juitification du portrait de Luigina et le témoignage de Giovana. Il appelle ses valets. Lodovico veut se défendre. Foule survient et le désarme; alors, Jacob propose au condottiere une large récompense s'il veut le débarrasser de Lodovico. Après quelques débats sur le chiffre , l'affaire est conclue , non sans de vives répugnances de la part de Foule.