I.K MASQLL
Ce que voyant, et après l'avoir salué: Parbleu! m'écrial-je, vous pouvez vous vanter de nous avoir fait une i)elle peur.
— Oui, oui, une bien grande peur, reprit ma fille.
— Une peur toul-à-fait singulière, ajouta mon neveu.
— En vérité ! dit alors lentement l'homme en question, nous parcourant l'un après l'autre de ce môme regard curieux que j'ai décrit, et dans lequel je trouvai, maljrré moi, comme un certain mélange d'inquiétude. En vérité ! Et le motif de cette peur ?
— Le motif? rien, moins que rien, répliquai-je aussitôt, honteux d'un glacial malaise dont j'aurais voulu me tirer, et par suite parlant très haut. Moins que rien. Quelque chose qui ne vaut pas la peine d'être expliqué. Un pur enfantillage. Voilà tout.
Puis, je me levai. Après quelques propos assez insignlfians échangés de part et d'autre, cet homme nous ayant quittés :
— Il n'importe, dit Socrate, tandis que nous regagnions la maison, je n'aime point cet écouteur de nuit, et jamais je n'oublierai ses yeux.
— Ni moi, fit ma fille, encore pâle.
— Bah ! bah ! leur répondisjc. Véritable folie que tout cela! La sotte peur que j'ai eue comme vous provient tout simplement de trois choses : De la nuit, de mon récit, et plus que tout, Socrate, de ta très lugubre présence. Assez donc sur ce sujet, mes enfans; car, pour celui qui nous occupe, je le connais parfaitement, et vous pouvea m'en croire ; c'est un brave homme, un digne magistrat.
Ainsi parlais-je. Depuis, j'ai bien changé de langage. Mais quoi ! qui eût pu deviner ce qui se méditait dans cette urne ? qui eût pu soupçonner, sachant ce qu'il était, pourquoi cet homme nous écoutait si attentivement? qui l'eu: pu soupçonner? L'n juge !