‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 101 sur 221 · LA NIÈCE, LA MARQUISE · texte numérisé non relu

LA NIÈCE, LA MARQUISE

Voyons ^ ma nièce ; comment vous trouvez-vous dans ce nouveau costume ?

LA NIÈCE

Pas aussi bien que si c'e'tait le mien propre.

LA MARQUISE

Bah î bah î il vous va déjà bien. Tout ne vous sied-il pas?

LA NIÈCE

Tout, jusqu'à la dissimulation, comme vous Tavez vu aujourd'hui.

LA MARQUISE

Ah î qui peut tenir ce langage ? ( Rajustant quelque chose à la rohe de sa nièce. ) Là j ceci doit être plus serré sur le corps, et le pli doit tomber plus richement. La voiture viendra bientôt , et nous conduira aujourd'hui même à la campagne.

LA NIECE

Aujourd'hui même?

LA MARQUISE

Oui , et vous avez aujourd'hui même encore un rôle à jouer.

io8 LE GRAND-COPHTE,

LA NIÈCE

Encore un rôle ? Vous êtes saus pitié , ma tanle f le premier m'a coûté tant de peine ^ que vous devriez ra'épargner le second.

C'est précisément à cause de cela, mon enfant. Encore celui-ci^ puis un troisième et un quatrième^ et cela ne te coûtera plus aucun effort.

L A NIÈCE

Je crains que vous ne me trouviez pas, à beaucoup près, aussi capable que vous le pensez.

LA MARQUISE

Il s'agit d'une épreuve. Cette nuit , vous jouerez un rôle de très peu d'importance.

LA NIÈCE

Avec ce vêtement magnifique ?

LA MARQUISE

En vous conformant au plan tracé. Vous avez à représenter une amante à moitié muette.

LA NIÈCE

Qu'entendez-vous par-là ?

LA MARQUISE

Je vous transporte dans un jardin, sous un berceau ; je vous donne une rose , et vous demeurez là quelques momens. Un cavalier vient à vous, se jette à vos pieds, implore son pardon : vous laissez écljapprr quelque son inarticulé, ii Monsieur » , ou tel

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