‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 122 sur 221 · ACTE V, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VI

là^ et vous y faisons le meilleur, le plus gracieux accueil ; mais laissez-moi cette jeune fille-

LA MARQUISE

Cela n'est pas possible. Suivez-moi, ma nièce. Que répondez-vous à la témérité de mon mari ? Parlez : étes-vous d'intelligence avec lui ?

LA NIECE tremblante.

Ma tante,...

LE MARQUIS continuant à l'attirer de son côté.

Avouez-le-lui ; point de dissimulation : c'est un plan concerté j venez; point de résistance, ou je fais du bruit, et suis capable, dans mon désespoir , de nous trahir tous ensemble.

LA MARQUISE

C'est affreux! c'est épouvantable! Je suis perdue!

( Les cors se font entendre vivement, et se taisent de nouveau. ) LE COMMANDANT qui ramène le chanoine et est suivi de deux Suisse s.

Par ici , monsieur, par ici.

LE CHANOINE

De quel droit osez-vous m'arréter ? Cette promenade n'est-elle pas libre à tout le monde ?

LE COMMANDANT

Aux promeneurs , oui , mais non pas aux malfaiteurs. Vous n'échapperez pas ; rendez -vous de bonne grâce.

ï38 LE GRÀND-COPllTE.

Me croyez-vous sans armes ?

( Il saisit dans sa poche an pùtolet qu'il présente au commandant. ) LE COMMANDANT.

Resserrez celte arme. Vous pouvez tirer sur moi , mais non sortir de ce jardin : toutes les avenues sont occupées ; nul ne peut sortir. Abandonnez-vous au destin que vous êtes venu chercher de vous-même.

LA MARQUISE, qui pendanfcet entretien est demeurée attentive et a recueilli

ces paroles.

LA MARQUISE

Quelle arrivée inattendue l Venez de ce côté. Si nous ne sommes d'accord , nous nous perdrons tous ensemble.

( La marquise, le marquis et la nièce veulent se retirer du oôtc par où ils sont entrés -, deux Suisses leur barrent le passage. )

C'est fait de nous !

LE MARQUIS

Nous sommes trahis !

LA NIÈCE

Je suis perdue !

LE CHANOINE qui, en ce moment, ncnt se placer à côté do la nièce."

O Dieu !

LE COMMANDANT

Qu'aucun de vous ne bouge, ^^ous êtes tous mes prisonniers.

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