ACTE V, SCÈNE VI
là^ et vous y faisons le meilleur, le plus gracieux accueil ; mais laissez-moi cette jeune fille-
LA MARQUISE
Cela n'est pas possible. Suivez-moi, ma nièce. Que répondez-vous à la témérité de mon mari ? Parlez : étes-vous d'intelligence avec lui ?
LA NIECE tremblante.
Ma tante,...
LE MARQUIS continuant à l'attirer de son côté.
Avouez-le-lui ; point de dissimulation : c'est un plan concerté j venez; point de résistance, ou je fais du bruit, et suis capable, dans mon désespoir , de nous trahir tous ensemble.
LA MARQUISE
C'est affreux! c'est épouvantable! Je suis perdue!
( Les cors se font entendre vivement, et se taisent de nouveau. ) LE COMMANDANT qui ramène le chanoine et est suivi de deux Suisse s.
Par ici , monsieur, par ici.
LE CHANOINE
De quel droit osez-vous m'arréter ? Cette promenade n'est-elle pas libre à tout le monde ?
LE COMMANDANT
Aux promeneurs , oui , mais non pas aux malfaiteurs. Vous n'échapperez pas ; rendez -vous de bonne grâce.
ï38 LE GRÀND-COPllTE.
Me croyez-vous sans armes ?
( Il saisit dans sa poche an pùtolet qu'il présente au commandant. ) LE COMMANDANT.
Resserrez celte arme. Vous pouvez tirer sur moi , mais non sortir de ce jardin : toutes les avenues sont occupées ; nul ne peut sortir. Abandonnez-vous au destin que vous êtes venu chercher de vous-même.
LA MARQUISE, qui pendanfcet entretien est demeurée attentive et a recueilli
ces paroles.
LA MARQUISE
Quelle arrivée inattendue l Venez de ce côté. Si nous ne sommes d'accord , nous nous perdrons tous ensemble.
( La marquise, le marquis et la nièce veulent se retirer du oôtc par où ils sont entrés -, deux Suisses leur barrent le passage. )
C'est fait de nous !
LE MARQUIS
Nous sommes trahis !
LA NIÈCE
Je suis perdue !
LE CHANOINE qui, en ce moment, ncnt se placer à côté do la nièce."
O Dieu !
LE COMMANDANT
Qu'aucun de vous ne bouge, ^^ous êtes tous mes prisonniers.