‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 129 sur 221 · ACTE V, SCÈNE Vïil. i · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE Vïil. i

marquise. ) Où sont les autres pierres 7 Dites la vérité. Vous ne retournerez pas chez vous , et chez vous, en ce moment, tout est sous le scellé. Méritez l'indulgence avec laquelle on s'apprête à vous traiter.

LA MARQUISE

Les voici. ( Elle présente Vécrin, ) Je ne pensais pas m'en séparer.

LE COMMANDANT au chanoine.

On rendra les bijoux aux joailliers , et l'on retirera en échange votre obligation. Vous remettrez , de votre côté , la fausse signature de la princesse. Je ne vous retiens plus j vous pouvez vous retirer.

LE CHANOINE

Oui, je me retire. Vous m'avez vu confondu j mais ne croyez point que je sois abaissé j ma naissance me donne des droits aux premiers emplois de FEtat. Nul ne peut m'enlever ces avantages , et en^ core moins arracher de mon cœur la passion que je ressens pour ma princesse. Dites-lui combien cette illusion m'a rendu heureux. Dites-lui que toutes les humiliations que j'éprouve ne sont rien auprès du chagrin de m'éloigner d'elle davantage ; d'aller chercher un pays où mes yeux ne pourront plus même l'apercevoir ; mais son image et l'espérance ne quitteront pas mon cœur de toute ma vie : dites-le-lui , de grdce. Quant à vous autres , je vous méprise. Vous étiez à ma passion ce que l'insecte est à un arbre vigoureux j il en consume le feuillage, et l'ar-

lis LE GRAND-COPHTE.

bre perd sa IraicLeur au milieu de Fêté; mais le cœur

et les racines sont hors de ses atteintes. Allez ailleurs 1

chercher une autre pâture. 1

( Le cbanoioe sort. ) LE COMMANDANT.

Pour les autres, ils seront conduits sans bruit et sous bonne escorte à une place frontière, jusqu'à ce qu'on ait suffisamment examiné s'ils n'ont pas , par hasard , étendu plus loin leurs friponneries. S'il se trouve qu'ils ne sont impliqués dans aucune autre mauvaise affaire , on les mettra tout doucement hors de ce pays , et l'on se délivrera ainsi de cette race de fourbes. Ils sont justement quatre, une voiture complète. Bon voyage î Qu'on les conduise jusqu'à la grande porte où une voiture et des dragons les attendent.

LA NIÈCE

S'il est permis à une infortunée jeune fille d'appeler de cette sentence rigoureuse, veuillez m'entendre. Je me soumets à toute espèce de châtiment ; seulement , séparez-moi de ces gens qui sont mes parens, qui se disaient mes amis , et qui m'ont plongée dans la plus profonde misère. Qu'on m'enferme , qu'on m'éloigne ; mais qu'on ait pitié de moi ; je ne demande qu'un cloître.

LE CHEVALIER

Qu'entends-je ?

LE COMMANDANT

Parlez-vous sérieusement ?

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