ACTE V, SCENE VIII
LA HIÈCI.
Ab ! À raonsiear ( montrant le chevalier) ar^t cm à ma sincérité , nous ne serions pas où nous cb soamies. Cheralier^ tous tlzycl pas ag^i noblement. Mon imprévoyance, le basard vous ont appris le fatal secret. Si ¥005 aviez été rkomme sor lequel je comptais, voos n'en auriez pas fait un tel usage; vous auriez pu instruire le cbanoine , faire rendre aux joailliers leurs bijoux, et sauver une jeune fille qui est maintenant perdue sans retour. Il est Trai , vous serez récompensé pour ce service y notre malheur sera un capital dont vous lirer«& de gros intérêts. Je ne demande point qu'environné des là« veurs du prince, élevé, comme vous léserez bientût, à des fonctions brillantes^ vous songiez aux larmes d'une jeune fille doot la confiance vous a fait tout découvrir. Mais veuillez , maintenant que vous êtes un Lomme important a la cour, employer votre crédit pour obtenir ce que je \uus demandais au moment ou vous aviez , où vous mjutriez , du moins, pour toute fortune des sentimens que je me plaisaL» à honorer. Obtenez de ce brave et sévère commandant que je ne suive point cette société, que ma jeunesse ne soit point exposée sur une terre étiangère, è de plus grandes humiliatioDS que je n'eu ai souflert, he'las ! sur celle-ci. (^jlu commandant. ) Je vous supphe, je vous conjure, monsieur, si vous avez une fille chérie, faites-moi partir seule. Qu'on m'enferme, j y coDsens j nuis qu'on ne me banuisse pas.
i5o LE GMND'COPHTE.
LE COMMANDANT
Je suis cmu.
LE chevalier; Parlez-vous sérieusement ?
LA NIÈCE
Plut à Dieu que vous l'eussiez cru plus lot!
LE COMMANDANT
Je puis satisfaire votre désir -, il n'est point contraire à mes instructions. i
LA NIÈCE
Oui, vous remplirez par là vos instructions, puisque l'intention tlu prince paraît être d'assoupir cette malheureuse affaire. Ne me bannissez point ; ne me rejetez point sur une terre étrangère ; car mon sort y excitera la curiosité : on racontera l'histoire de mes malheurs , on la répétera ; on demandera : « Quelle ligure a cette jeune fille V elle doit ressembler à la princesse ; autrement la fable n'aurait pu être inventée ni jouée. Où est-elle? il faut la voir, la connaître. » Oî clievalier, si j'étais une créature telle que vous me supposiez , cette aventure comblerait tous mes vœux , et je n'aurais pas besoin d'autre dot pour réussir dans le monde.
LE COMMANDANT
C'en est assez. Accompagnez ces trois personnes à la voiture ; l'officier auquel vous les livrerez sait !c veste.